Disputer un match de football sans bouger de sa chaise, cela paraît fou mais c'est désormais possible. Un tournoi inédit de mentalista foot, le premier jeu de football par la pensée, avait lieu jeudi soir, à Paris.

Richard teste le jeu de foot mental
Richard teste le jeu de foot mental © Radio France / Fanny Lechevestrier

"Tu vas devoir mettre cela sur tes deux oreilles, comme des boucles d’oreilles, ce sont des électrodes", explique Lætitia, chargée d’équiper les joueurs. Oubliés shorts, maillots et crampons : place aux électrodes au niveau des oreilles donc et à l'arrière du crâne pour ce tournoi de foot pas comme les autres. C'est la pensée, notre pensée et elle seule, qui doit faire avancer le ballon, en l’occurrence une balle de 7 centimètres placée sur un mini terrain de football de 3 m sur 2. 

Laetitia nous donne les tout derniers conseils avant de nous lancer : "Imaginez cette balle bleue qui va dans le but de votre adversaire, un peu comme une vidéo qui tourne en boucle dans votre esprit. Et pour cela, il faut être extrêmement concentré. Je vous conseille de fermer les yeux. Au début, ça aide vraiment."

Allez, c'est parti pour le match. Deux joueurs assis côte à côte sur un banc, pour deux cerveaux qui s'affrontent au sens littéral du terme. Et le plus impressionnant c'est que ça marche, on arrive vraiment à marquer des buts ou à contrer son adversaire. 

Aucun trucage d'aucune sorte, c'est juste scientifique, nous explique le concepteur de Mentalista foot, Gille de Bast : "Un jour, je me suis rendu compte que l’on pouvait faire des trucs dingues avec les neurones miroirs. On collecte via les électrodes les courants électriques au niveau du cortex visuel et vous allez être comparé, en temps réel, à une base de données de personnes qui, avant vous, ont imaginé cette balle en train de bouger. Et dès qu’il va y avoir un match entre vos ondes cérébrales et cette base de données, on considère que vous aussi, vous êtes en train d’imaginer la balle et on la fait bouger." Via des algorithmes, Mentalista permet d’analyser la pensée et de la matérialiser. Et le résultat est vraiment bluffant.

"l'impression d'être un surhomme"

Richard, la quarantaine, s'est facilement pris au jeu : "En fait, j’oscillais entre fixer la balle comme dans les films de science-fiction où on se dit 'je la regarde et elle va bouger', ou alors je visualisais, je regardais la cage en me disant 'elle va rentrer dans la cage, elle va rentrer dans la cage !' J’ai trouvé que c’était vraiment étrange. _C’est assez paradoxal : on a l’impression d’être un surhomme et en même temps, on n’est pas complètement persuadé que c’est nous qui dirigeons le truc_", explique-t-il en rigolant et avec déjà l’envie d’essayer de nouveau.

Un peu plus loin, Arthur, 24 ans, finaliste du tournoi, est persuadé que le foot mental a tout pour prendre de l’ampleur : "Oui, c’est vraiment bluffant et puis, c’est un peu le futur. On ne s’imaginait pas, il y a quelques années, de pouvoir bouger des objets rien qu’au mental donc, c’est vrai que c’est très très prometteur ».

Un jeu de foot mental accessible à tous âges - ce sont d'ailleurs les enfants de 6 à 12 ans qui l'appréhendent le mieux  - et pour tous, souligne Gille de Bast : "On est comme des fous, on veut vraiment en faire un vrai sport. On a envie avec Mentalista foot de créer des clubs. Et il y a aussi tout un contrechamp où on peut permettre à un handicapé physique d’affronter un valide, donc c’est aussi un sport génial car cela permet de remettre les gens à égalité sans les transformer »

Mais il faudra tout de même avant rendre la technologie plus abordable. Aujourdhui, le matériel complet coûte dans les cinq mille euros. L’objectif est de faire tomber les prix à 350 euros dès la fin 2019 en s'associant avec des industries françaises. En attendant, Gille de Bast continue de développer les interactions cerveau-machine : il se concentre actuellement sur la lévitation d'assiette de saucisson.

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