La Fédération internationale d'Athlétisme maintient une suspension globale, après les révélations sur un vaste système de dopage. Pour aller à Rio, il faudra prouver sa bonne foi.

Sebastian Coe et Rune Andersen, président et responsable russe de l'IAAF
Sebastian Coe et Rune Andersen, président et responsable russe de l'IAAF © Reuters / Leonhard Foeger

Le conseil d'administration de la Fédération internationale d'Athlétisme a décidé à l'unanimité de maintenir la suspension qui frappe le pays depuis le mois de novembre et les révélations sur l'organisation d'un véritable dopage d’État. La Russie a triché et elle continue sans doute un peu à le faire selon l'IAAF, malgré "des progrès et des efforts" : c'est pourquoi le Conseil a voté vendredi à Vienne la prolongation de la suspension de la Fédération russe d'athlétisme (ARAF), prononcée en novembre.

Mais les athlètes russes "propres" ne doivent pas pâtir de la faute des autres. C'est en ce sens qu'il faut analyser l'autre décision prise par ce même Conseil : autoriser les athlètes russes non contrôlés positif qui prouveront "qu'ils n'ont pas fait partie du système de dopage" à participer aux Jeux olympiques de Rio, sous une bannière et des modalités qu'il reviendra au Comité international olympique (CIO) de préciser.

Ça tombe bien, le CIO a justement prévu de se réunir mardi, à Lausanne (Suisse). Les précisions de Franck Ballanger :

Les Russes doivent désormais attendre cette décision pour savoir s'ils pourront concourir à Rio et sous quelles conditions. En clair, tous ceux qui ont déjà été contrôlés positifs sont bannis, les autres (ceux qui clament leur bonne foi et peuvent présenter un passeport biologique en règle) pourraient disputer les JO sous la bannière du comité international olympique.

Stéphane Caristan, ancien champion du monde du 110 m haies, très impliqué dans la lutte anti dopage pense que le Comité international olympique va aller dans le sens de la Fédération.

Cela reviendrait à sanctionner durement la Russie, tout en ménageant Vladimir Poutine, qui estime qu'une équipe entière ne peut pas porter toute la responsabilité pour ceux qui ont triché. Vendredi, le président russe a de nouveau balayé d'un revers de la main l'existence d'un système généralisé de dopage, des affaires de corruption, et de ce qui est devenu le plus grand scandale de l'histoire de l'athlétisme.

Côté russe, on craint de toute façon qu'aucun athlète national ne puisse participer aux JO. "Nos sportifs n'ont aucune chance", a regretté samedi le ministre russe des Sports Vitaly Moutko.

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