Les Bleues affrontent l'Irlande, ce jeudi soir sur France 2, pour une place en demi-finale de la Coupe du monde. L'occasion de faire le point sur un sport en développement.

Romane Menager et l'équipe de France de rugby affronte ce jeudi soir l'Irlande pour une place en demi-finale de la Coupe du monde.
Romane Menager et l'équipe de France de rugby affronte ce jeudi soir l'Irlande pour une place en demi-finale de la Coupe du monde. © AFP / Paul Faith

C’est une grande première et également une belle vitrine pour le rugby féminin en France. Ce jeudi soir à 20 h 45, France 2 diffuse le dernier match de poule de Coupe du monde des Bleues, face à l’Irlande. En prime time sur la grande chaîne du service public, c’est l’occasion pour cette équipe de France d’accéder aux demi-finales de la compétition en terminant première de son groupe face à leur hôte et adversaire du soir.

Pour les Françaises, c’est également un excellent moyen de mieux faire connaître leur sport, qui bénéficie d’une bien moins importante visibilité, si l’on compare la diffusion du rugby féminin avec celle des équipes de France de football, de handball ou de basket-ball. Mais cet événement ne doit pas cacher un sport au développement encore fragile en France.

Une hausse continue des effectifs mais des clichés tenaces

Le rugby féminin enregistre, c'est indéniable, une hausse continue de ses effectifs depuis trois ans : presque 2 000 licenciées de plus chaque année. Le déclic a clairement été la Coupe du monde en France en 2014, au terme de laquelle les Bleues avaient pris la troisième place. Beaucoup découvrant l'existence de cette équipe à ce moment-là avec des "pionnières" faisant preuve de pédagogie pour mettre à bas les préjugés.

Des clichés parfois tenaces, comme l’expliquent les joueuses du Stade Français : "Ce sont surtout les femmes. Quand je leur dis que je fais du rugby, elles me répondent : "Ah bon ? Du rugby ?" On pense violent, on pense personnes plutôt volumineuses… Mais non !" Aidées par les performances et le jeu du XV de France féminin, les mentalités évoluent.

Des structures encore insuffisantes

Mais la pratique, elle, reste fragile avec moins de 20 000 licenciées, loin des 72 000 femmes du football ou des 197 000 du handball. Fautes notamment de structures suffisantes. "C’est fragile parce que sur certains bassins, c’est compliqué. Dans le sens où beaucoup de filles qui commencent le rugby ne peuvent plus jouer avec les garçons à 14 ans, explique Céline Bourillot, vice-présidente à la Fédération française en charge du rugby féminin. Mais on n’a pas forcément de solutions pour leur proposer une équipe de filles dans leur quartier, dans leur ville ou aux alentours."

Pour y remédier, plusieurs centres d'entraînement exclusivement féminins vont voir le jour. Des clubs du Top 14, l’élite du rugby français masculin, renforcent également leurs structures dédiées comme le LOU, à Lyon. En perte de vitesse chez les garçons, le salut du rugby français passe en partie par son développement au féminin. Et les Françaises, largement victorieuses lors de leurs deux premières rencontres du Mondial (72-14 face au Japon, 48-0 contre l’Australie) tâcheront de mobiliser les amateurs de sport autour d’elles, ce soir, face à l’Irlande. L’Irlande qui, en éliminant les quadruples championnes en titre en 2014, avait connu un bon de ses licenciées tous niveaux de… 196,5 % !

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