Alors que la France se reconfine, la Fédération française d'équitation et la députée Martine Leguille-Balloy alertent le gouvernement sur les dangers d'une fermeture des centres équestres, tant pour la santé des chevaux que pour la situation économique des structures.

Le centre équestre de Benoit Falconé
Le centre équestre de Benoit Falconé © Radio France / Emma Sarango

Parmi les victimes de ce reconfinement, il y a aussi les centres équestres, contraints à la fermeture car considérés comme non essentiels. La Fédération française d’équitation demande au gouvernement de maintenir une activité restreinte. Une députée vendéenne, Martine Leguille-Balloy, présidente du groupe Cheval à l’Assemblée Nationale apporte son soutien à cette demande, en soulignant que la filière gère "un patrimoine vivant"... Mais pour l’instant sans obtenir gain de cause. Aujourd’hui, les 6000 centres équestres ouverts au public sont donc fermés, inquiets tant pour le bien-être des chevaux que pour leur économie.

À la Chapelle-Montligeon, dans le Perche, Benoit Falconé est propriétaire d'un centre équestre de 20 hectares. Valérie, une cliente, s'apprête à monter à cheval pour la dernière fois avant au moins quatre semaines. "On pourrait imaginer que c'est une activité qui pourrait continuer, parce qu'on est forcément à plus d'un mètre les uns des autres, donc si l'on se suit en file indienne un cheval derrière l'autre on ne se touche pas."

Benoit Falconé acquiesce, car lui s’inquiète d’abord pour ses chevaux : il en a 10. Plus le froid va s’installer, plus il sera impossible de les laisser au pré et, sans cavalier, ils seront donc coincés dans leur boxe de 3m2. "Comme nous, rester enfermés sans rien faire c'est très dur psychologiquement, les chevaux ont tendance à être agressifs et de mauvaise humeur." Mais les chevaux risquent aussi des séquelles physiques graves voire mortelles. "Le fait de rester immobile empêche leur circulation du sang, cela provoque des coliques et des problèmes cardiaques."

Un secteur déjà exsangue

Perdre un ou plusieurs chevaux, ce serait le coup de grâce pour ce centre équestre qui fête ses 17 ans et déjà très pénalisé par le premier confinement. "Une partie de la clientèle n'est pas revenue, dans certaines familles où la mère et les deux enfants montaient, on a coupé les loisirs et donc il n'y plus qu'un enfant qui monte." Sans compter les propriétaires qui confiaient à Benoit Falconé leurs chevaux en pension pour 500 euros par mois, et qui ont revendu leur animal ou le gardent désormais au pré. Et puis, les cavaliers de haut niveau eux aussi vont disparaître. "Entraîner le cheval, cela a un coût : donc s'il n'y a plus de concours, plus de compétition, comme un sportif, cela ne sert à rien de l'entraîner."

L’épouse de Benoit Falcone, auparavant salariée du centre, a dû prendre un deuxième travail. Aujourd’hui, il n’y a plus que lui et un quart temps. Alors bien-sûr, l’État versera des aides pendant les quatre prochaines semaines, mais à peine de quoi couvrir les charges du centre. "Contrairement à d'autres loisirs, les chevaux, qu'ils travaillent ou pas, doivent manger. Quand ils travaillent, ils payent leur bouffe mais quand ils travaillent pas, il faut trouver un moyen de les faire manger."

Selon la Fédération française d’équitation, chaque semaine de fermeture en temps de confinement fait perdre 20 à 25 millions d’euros à la filière.