1998 : Le Tour du dopage

L’année de la victoire française en Coupe du Monde de foot est aussi l’année de la première affaire de dopage d’envergure sur le Tour : perquisitions, garde à vue de toute une équipe (TVM) exclusion d’une autre (Festina), grève des coureurs et annulation de l’étape entre Albertville et Aix-les-Bains, le Tour devient un feuilleton dont le dénouement (victoire de l’Italien Pantani) sera éclipsé par les révélations. Et les journalistes vont commencer à délaisser le commentaire sportif au profit de l’investigation jusque dans les poubelles.

**Simpson, première victime médiatisée** [
Journal TDF 01
Journal TDF 01 © Radio France
](http://www.franceinter.fr/sites/default/files/2013/04/11/609510/fichiers/TDF%20Simpson%2014%20juillet%201967.pdf)Tom Simpson était un grand coureur, le premier anglais capable de rivaliser avec les continentaux sur la Grande boucle. Plusieurs fois porteur du maillot jaune, champion du Monde en 1965, il a plus de 40 ans quand il s’aligne pour la septième fois sur le Tour en 1967. Le 13 juillet, entre Marseille et Carpentras, il fait plus de 35 degrés. Cette étape sera baptisée par les suiveurs qui s’y connaissent, l’étape de la soif. Sur les pentes du Mont Ventoux, Tom Simpson s’effondre. Dans les poches de son maillot, on retrouve des tubes d’amphétamines… **Virenque tête de Turc** Lors du Tour 1998, Richard Virenque, grimpeur magnifique, est le chef de file de l’équipe Festina. On le présente comme le seul rival crédible de l’Allemand Jan Ulrich, malgré une relative faiblesse dans l’épreuve du Contre la montre. Charismatique et beau parleur, il va nier farouchement s’être dopé. Des affirmations dont la crédibilité relative inspire de nombreux humoristes comme Laurent Gerra :
**L’équipe Festina « vedette » du Tour 1998** « L’affaire » Festina commence quelques jours avant le Tour 1998. Le départ est donné à Dublin. Sur la route de l’Irlande, un des soigneurs de l’équipe, Willy Voet est arrêté à la frontière franco-belge. Dans sa voiture, les douaniers découvrent plusieurs centaines de doses de produits dopants et stupéfiants en tous genres : amphétamines, testostérone, EPO… C’est le début d’un engrenage qui se terminera par la mise hors course de l’équipe au complet le 18 juillet à Brive-la-Gaillarde. **Virenque populaire envers et contre tout** Bien peu de coureurs ont connu la « consécration » en se voyant représenter par une marionnette des Guignols de l’info. Richard Virenque aura eu cette « chance », au point que 10 ans après l’affaire Festina, les Guignols lui consacrent toujours des sketches. Et si le ressort comique fonctionne toujours, c’est bien parce que les Français n’ont malgré tout pas oublié le coureur, ses turpitudes mais aussi son talent. **Les rares « moutons noirs » du peloton** Quelques coureurs pourtant talentueux n’ont sans doute pas connu la carrière qu’ils auraient dû connaître. Ce sont ceux qui ont refusé, à un moment ou un autre, de continuer à se doper. Encore plus rares ont été ceux qui ont essayé de lever le voile sur des pratiques qu’ils savaient généralisées. C’est le cas d’Erwann Menthéour. Mis hors course sur Paris-Nice en 1997, il met donc un terme à sa carrière avant le funeste Tour 1998. Son premier livre, « Secret défonce » sort en 1999 aux éditions J'ai Lu. > Quand on commence à prendre de l'EPO, on a l'impression que les reins sont deux ballons gonflables remplis d'eau qui ballottent joyeusement dans le bas du dos. On ressent des douleurs aux articulations et des troubles de vue. Au Tour de Suisse, quand mon hématocrite est monté à 60%, j'avais des migraines atroces. A certains moments, on est carrément dans un état second.
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