Jean-Pierre Papin était l'invité ce dimanche de l'Oeil du Tigre. Au micro de Philippe Collin, le célèbre avant centre de l'équipe marseillaise, évoque le jour où il embrassa le président de la République François Mitterrand.

Le président de la République François Mitterrand embrasse le footballeur marseillais Jean-Pierre Papin en lui remettant la coupe, le 10 juin 1989 au Parc des Princes.
Le président de la République François Mitterrand embrasse le footballeur marseillais Jean-Pierre Papin en lui remettant la coupe, le 10 juin 1989 au Parc des Princes. © AFP / Jean-Loup Gautreau

Le 10 juin 1989, la 72e coupe de France se joue entre L'Olympique de Marseille de Jean-Pierre Papin et l'AS Monaco de Jean-Luc Ettori au Parc des Princes. Une finale incroyable, où les Marseillais l'emportent sur les Monégasques quatre buts à trois. Dont trois buts de JPP. Mais le score n'est pas l’événement le plus marquant de ce match.

Un défi de vestiaire

Quelques semaines avant, l'équipe de Marseille entraînée par Gérard Gili se retrouve en demi-finale contre l'AJ Auxerre. L'équipe arrive fatiguée physiquement de sa saison. Mais elle est prête à jouer le tout pour le tout. Finalement, ne reste-t-il pas que deux matchs, éventuellement trois avec la finale ? L'équipe joue avec la même envie et prend les matchs les uns après les autres. L'objectif final, c'est l'Europe. Pas la coupe de France. Pour cette demi-finale, Jean-Pierre Papin fait un pari avec Klaus Allofs, l'attaquant allemand des Marseillais.

Si on gagne la coupe de France, j'embrasse le président sur le front.

Et finalement, l'OM l'emporte face à Auxerre. Et de fait donc, les Marseillais se retrouvent en finale, avec sa saison dans les jambes. Pourtant ce 10 juin, au moment d'entrer dans le Parc des Princes aux couleurs bleu et blanche, la fatigue s'est envolée. 

On n'avait pas le droit de pas la jouer. Il y avait 50 000 personnes dans ce stade qui étaient avec nous. Il fallait absolument qu'on la gagne. 

Dans les vestiaires, chacun est concentré et l'on pourrait juste entendre la rumeur sourde du stade. Ce soir, Papin, Di Méco, Sauzée et l'ensemble de l'équipe livrent un match parfait et l'emportent sur l'équipe d'Arsène Wenger dans laquelle joue pour l'anecdote le futur président du Liberia, George Weah.

Un président ne devrait pas faire ça

L'équipe monte alors à la tribune officielle pour prendre possession de sa coupe. Et Jean-Pierre Papin se retrouve face au président de la République, avec en tête le pari fait avec Klaus Allofs lors de la demi-finale.

Quand je me suis retrouvé face à François Mitterrand, c'était un tel monument, il inspirait tellement le respect, qu'en fait j'ai pas osé. J'allais lui serrer la main et finalement, je lui ai demandé : Monsieur le président, est ce que je peux vous faire la bise ?

Le président se prête au jeu. Pour la première fois, un président de la République Française embrasse un sportif. 

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Deux ans après, l'OM perd en finale de la coupe de France, contre Monaco. Et au moment d'arriver à la tribune protocolaire, Jean-Pierre Papin, capitaine malheureux, tend à la main à François Mitterrand. Ce dernier lui répond alors : 

Non, non. Tu as gagné la dernière fois. Tu m'as fait la bise. Tu as perdu, tu vas me refaire la bise. 

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Jean-Pierre Papin au micro de Philippe Collin dans l'Oeil du Tigre.

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