Malgré l'attribution des JO à Paris et la victoire de la France en Coupe du monde, le paysage économique ne semble pas s'éclaircir pour le mouvement sportif. Ce mercredi, le Comité national olympique et sportif français se réunit en congrès extraordinaire pour demander une sauvegarde de ses moyens budgétaires.

Denis Masseglia, le président du Comité national olympique et sportif français
Denis Masseglia, le président du Comité national olympique et sportif français © AFP / PATRICK KOVARIK

"On est sorti de 2017 en ayant obtenu l'organisation des Jeux olympiques, on pensait que ça allait créer une dynamique au profit du sport" : ce mercredi, le président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), Denis Masseglia, réunissait un congrès extraordinaire du mouvement sportif, pour tenter d'obtenir du gouvernement une sauvegarde des moyens budgétaires. 

"On a eu une diminution des emplois aidés, drastique, et la diminution des crédits du CNDS[Centre national pour le développement du sport, ndlr]", déplore-t-il. Avec une centaine de présidents des fédérations sportives et des représentants des comités territoriaux du CNOSF, les représentants semblaient s'orienter mercredi matin vers une pétition sur la préservation des moyens du sport. 

Jusqu'à 60 millions de moins pour la pratique du sport

L'année dernière, le budget du sport avait été raboté de 7% - avant une rallonge. : il s'élevait alors à 481 millions d'euros, et la rallonge avait ajouté 27 millions. Et en même temps, l'objectif de 80 médailles au JO de 2024, et celui de 3 millions de pratiquants amateurs en plus, sont fixés. 

Avec 250 millions d'euros de budget en 2018 au lieu de 310 un an plus tôt, le mouvement sportif estime avoir perdu cette année 60 millions sur le budget dédié aux actions directes en faveur de la pratique. A cette perte, s'ajoute la disparition progressive des emplois aidés, la baisse des subventions pour les clubs (jusqu'à 60% dans certaines régions), qui se disent au bord de l'asphyxie. 

Une taxe en partie amputée

Pour résoudre le problème, Denis Masseglia demande que les prélèvements sur les paris sportifs, sur les bénéfices de la Française des Jeux et sur la taxe Buffet sur les droits de retransmission sportive (en principe dédiés à l'aide au sport amateur) soient réservés en totalité au monde sportif. Or, aujourd'hui, ce n'est pas le cas explique Denis Masseglia :  

"C'est un peu scandaleux que le gouvernement ait osé prélever une partie de la taxe Buffet, la moitié exactement, pour résorber le déficit public, alors que ce n'est pas de l'argent public : c'est de l'argent des détenteurs de droits télévisuels pour une solidarité avec le monde amateur"

Selon lui, cela représente un manque à gagner de 25 millions d'euros. Le monde du sport négocie aussi les modalités de la mise en place d'une agence censée réformer le modèle du sport français, pour le rendre plus performant en vue des JO, mais celui-ci fait aussi l'objet de discordes budgétaires : le CNOSF espère un budget de 400 millions d'euros au lancement, alors que le rapport qui a été remis au gouvernement préconise un budget de 300 à 400 millions, soit "moins que le budget d'un hôpital moyen". 

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