Après 52 rencontres, la 8e édition de la Coupe du monde féminine football va s’achever avec la finale Etats-Unis – Pays-Bas dimanche 7 juillet à Lyon. Un mois de belles histoires, de parcours inspirants ou de comportements positifs sur le terrain mais également en marge de la compétition.

Deux supportrices fraternisent avant France-Brésil, le match le plus suivi de cette coupe du monde féminine 2019
Deux supportrices fraternisent avant France-Brésil, le match le plus suivi de cette coupe du monde féminine 2019 © Getty / Martin Rose

Des audiences télé exceptionnelles

Sur les cinq matches qu’elle a disputé, l’équipe de France féminine a attiré 10,8 millions de téléspectateurs en moyenne sur TF1 et Canal +. La rencontre la plus suivie a été le huitième de finale France-Brésil qui a rassemblé 11,9 millions de personnes devant leur écran. Un match qui a également séduit au niveau international : avec 58,7 millions de téléspectateurs dans 21 pays, c'est la plus forte audience jamais réalisée par un match de coupe du monde féminine de football d'après la FIFA.

Des stades remplis

Avant même la grande finale et celle pour la 3e place, la barre du million de billets vendus a été franchie avec 1,163 millions de tickets écoulés selon la FIFA. 24 rencontres se sont jouées à guichets fermés dont tous les matches de l’équipe de France. Le stade du Hainaut à Valenciennes se hisse au haut du podium des enceintes les plus remplies avec un taux de remplissage de 90,7%, devant les stades de Lyon et Grenoble.  

Bientôt plus de filles dans les clubs

Le succès populaire entrevu dans les tribunes pourrait aussi se traduire dans les rangs des clubs. En effet, plusieurs ligues régionales s’attendent à une hausse du nombre de licences féminines à la rentrée prochaine. Le Télégramme rapporte qu’en Bretagne, la Ligue prévoit une augmentation de 10 à 12% de pratiquantes. Principal défi désormais : trouver des bénévoles pour encadrer cet afflux de nouvelles joueuses ainsi que des infrastructures (terrains) suffisantes.

Une première pour les « Mamies Foot »

En marge de la Coupe du monde, une autre équipe de France a fait ses débuts : celle des plus de 60 ans. Une initiative lancée notamment par le média associatif Oldyssey. Sélectionnées dans des résidences pour seniors, les 18 « Mamies Foot » (dont la plus âgée avait 84 ans) se sont ainsi frottées aux « Soccer Grannies » sud-africaines. Une première à Saint-Etienne et qui s’est soldée par une lourde défaite 10-0 pour les Françaises.

Des records de buts

En s’imposant 13-0 pour leur entrée en lice contre la Thaïlande, les Américaines ont effacé le record de buts sur un seul match, jusqu’alors détenu par l’Allemagne contre la Cote d’ivoire en 2007. Un match où Alex Morgan a inscrit 5 buts, égalant ainsi la performance record de sa compatriote Michelle Akers face à Taipei en 1991. Toujours sur un plan individuel, mais sur plusieurs coupes du monde cette fois-ci, Cristiane Marta a inscrit son 17e but dans ce tournoi. Cela fait de la Brésilienne la meilleure réalisatrice de l’histoire de la compétition, hommes et femmes confondues.

Le discours émouvant de Marta

Cristiane Marta que l’on aura aussi vu au bord des larmes après l’élimination de son équipe face à la France. A 33 ans, la capitaine auriverde ne disputera peut-être pas de sixième coupe du monde. D’où cet appel vibrant aux jeunes filles de son pays afin de reprendre le flambeau et poursuivre le développement du football féminin au Brésil : « C’est ce que je demande aux filles. Formiga n’est pas éternelle, Marta non plus, Cristiane non plus. Le foot féminin dépend de vous pour survivre. Pensez à ça, savourez. Pleurez au début pour sourire à la fin. »

Le maillot de la sélection américaine fait un carton

La tunique blanche de la Team USA a affolé les ventes de Nike. Aucun chiffre n’a filtré mais d’après l’équipementier américain, ce maillot de football est devenu « le plus vendu de tous les temps en une saison (sur sa plateforme en ligne) que ce soit chez les hommes et les femmes. »

Le déhanché des Canadiennes

Un délire dans le bus de la sélection canadienne qui devient viral sur les réseaux sociaux. A l’origine, la gardienne de but Stéphanie Labbé qui se met à danser sur le tube de Shania Twain « Man ! I feel like a woman » avant d’être suivie par plusieurs coéquipières. La vidéo se retrouve sur Twitter : elle sera vue plus d’un million de fois. Y compris par la chanteuse.

L’humour de Corinne Diacre

On a souvent décrié la froideur et l’impassibilité de la sélectionneure française. Pourtant, elle s’est parfois lâchée lors de plusieurs conférences de presse, notamment le 11 juin, veille de France – Norvège. Lors de cet exercice où la langue de bois et les banalités sont reines, Corinne Diacre a étonné son assistance en enchaînant quelques répliques pleines d'ironie : 

Le match le plus long du monde

5 jours : c’est la durée du match organisé à Lyon par Equal Playing Field, une organisation qui milite pour l’égalité hommes/femmes dans le sport. 3000 personnes se sont ainsi relayées sur la pelouse entre le 27 juin et le 1er juillet afin d’effacer le précédent record de 4 jours établi par 2357 personnes au Chili en 2016.

La fibre écologique des Néo-Zélandaises

Aux côtés de jeunes enfants, l’équipe de Nouvelle-Zélande a participé, début juin, au ramassage de déchets sur une plage du Havre où elles ont disputé leur premier match. L’an passé, c’est la sélection néo-zélandaise des moins de 20 ans qui avait participé à une opération similaire à Vannes, pour le Mondial de la catégorie (aussi organisé en France).

Les larmes de joie des Thaïlandaises

Pour sa deuxième participation à une coupe du monde féminine, la Thaïlande aura connu un tournoi pour le moins compliqué. En encaissant 20 buts en trois matches (dont 13 rien que face aux Etats-Unis), la formation asiatique a décroché le titre peu envié d’équipe la plus faible de ce Mondial. Mais le seul but qu’elles ont inscrit face à la Suède (défaite 5-1) ont déclenché des larmes de joie sur le banc de touche thaïlandais.

Des célébrations de but originales

Les Coupes du monde sont souvent l’occasion de rivaliser d’imagination pour fêter chaque but. Et à ce petit jeu, les Américaines se sont encore distinguées, ce qui inspiré de nombreux détournements sur les réseaux sociaux. Alex Morgan, par exemple, qui fait mine de boire une tasse de thé après son but contre les Anglaises en demi-finale

Ou bien sa compatriote Megan Rapinoe, les bras levés façon Gladiator, après son coup franc victorieux contre la France en quarts de finale. 

L’hommage de Lyon aux joueuses du Mondial

Pour célébrer l’accueil des demi-finales et finale de la coupe du monde, la ville de Lyon a choisi de marquer le coup sur ses lignes de bus et de métro. Ainsi, 24 stations ont été rebaptisées du nom des capitaines des équipes, de Carli Lloyd à Amandine Henry en passant par Janine van Wyk ou Alexandra Popp. 

(Un peu) moins de fautes

C’est l’un des arguments souvent relevés en faveur du football pratiqué par les femmes : il y aura moins de simulations et de fautes et plus de jeu. Cela s’est traduit sur les 50 premiers matches avec 20,5 fautes en moyenne contre 27 pour les hommes lors du mondial en Russie. Sur les 125 cartons jaunes déjà distribués, un seul l'a été pour simulation.

La belle année de Stéphanie Frappart

Même si les Bleues seront absentes de la finale, la France sera tout de même représentée par Stéphanie Frappart qui arbitrera la rencontre Etats-Unis – Pays-Bas dimanche. Une grande année pour la native d’Herblay (Val d’Oise) puisqu’elle fut la première femme arbitre centrale d’un match de Ligue 1. Elle officiera dans l'élite masculine dès la saison prochaine.

La VAR, un outil plus juste (mais controversé)

Après la Goal Line Technology (pour déterminer si un ballon avait franchi ou non la ligne de but) il y a 4 ans au Canada, c’est cette fois-ci l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR pour l’acronyme anglais) qui a été expérimentée pour la première fois en coupe du monde féminine. Très critiquée par certains observateurs et joueuses, elle est aux yeux de la FIFA un outil permettant plus de « justice » et moins d’erreurs : dans 31 situations où la VAR a été utilisée, les arbitres ont changé leur décision initiale à… 27 reprises.

On a perdu… puis retrouvé Ettie

Pendant quelques heures, l’un des costumes de la mascotte de la compétition a été dérobé. Cinq personnes ont été repérées par les caméras de vidéosurveillance du Parc des Princes avant de commettre leur méfait. Mais quelques heures avant le quart de finale France-Etats-Unis, Ettie a été retrouvée au cabinet d’un avocat parisien avant d’être remis à la police. On n’a frôlé l’affaire d’Etat.

L’hymne officieux des Bleues

Il y avait eu le « Ramenez la Coupe à la Maison » de Vegedream pour accompagner la victoire de la France au dernier Mondial en Russie. Si les coéquipières d’Amandine Henry avaient eu le même succès, elles auraient peut-être pu accélérer la carrière de Juste Shani avec son titre « Sélection féminine. »  Malgré tout, elle a généré de 130.000 vues sur YouTube en deux semaines. Même si c’est loin, très loin des 164 millions de vues du rappeur favori des Bleus.

Un football féminin mieux considéré par la FIFA ?

A la lumière de tous ces signaux, la FIFA envisage de faire grandir le tournoi en passant de 24 à 32 équipes pour la prochaine édition en 2023 (le pays hôte sera connu l’année prochaine). La dotation globale pour les nations participantes, qui était cette année de 30 millions de dollars, sera doublée a annoncé Gianni Infantino, le président de la fédération internationale. La FIFA qui dit vouloir investir un milliard d’euros pour le développement du football féminin. Peut-être la plus grande victoire pour le football féminin

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