LE champion du monde français

teddy tamgho champion du monde de triple saut
teddy tamgho champion du monde de triple saut © reuters

Champion du monde junior en 2008, champion du monde en salle en 2010, Teddy Tamgho était arrivé comme une comète dans le monde de l'athlétisme, promis à un avenir radieux qui a pris forme dimanche avec un premier titre mondial à Moscou.

La blessure à la cheville droite qui l'avait privé des Mondiaux en 2011 puis des Jeux olympique de Londres, l'année dernière, et ses problèmes extra-sportifs - bagarre avec une athlète en octobre 2011 qui lui a valu une amende au tribunal - ont semblé loin lorsqu'il s'est envolé à 18,04 mètres. Enfin arrivé au sommet après avoir cravaché pour retrouver son niveau, Tamgho, dont les pas s'accompagnent toujours d'un air de rap, ne sera pas surpris d'être le troisième homme de l'histoire à avoir dépassé les 18 mètres.

De ses débuts sur la piste, l'athlète de 24 ans, natif de Sevran, en Seine-Saint-Denis, aime à dire : "En 2003, quand j'ai découvert l'athlétisme, ce sport m'a sauvé de la délinquance." Enfant, il attendait avec impatience la sortie de l'école pour retrouver son père, attentif à l'heure des devoirs. Il connaît tout aussi bien l'histoire de sa discipline et le profil de ses illustres aînés: les élans de Philips Idowu, champion du monde 2009, la technique de Jonathan Edwards, le recordman du monde, l'école cubaine emmenée par Aliecer Urrutia ou les envols de Kenny Harrison. Il a visionné leurs essais en boucle, a mémorisé leurs reprises d'appui, leurs bonds et leurs records.

Pourtant, Teddy Tamgho s'est passionné assez tard pour l'athlétisme. Il avait démarré sa jeune carrière sportive par des sports de combat. Malgré cinq ans de judo et trois ans de boxe - "pour suivre les pas de mon papa qui en faisait en amateur" -, il ne réussit pas à se canaliser. "J'aurais été emballé de faire un sport co' comme le foot mais mon impulsivité faisait que ça partait vite en sucette." Alors il songe au free-fight. Puis renonce, "parce que ma mère avait peur que je me prenne trop de cocards".

Suivant les pas de sa soeur aînée, il embrasse le triple-saut qui "convient comme un gant à l'impulsif quej'étais, que je suis". "J'aime son côté jackpot où on peut tout perdre ou tout gagner en un seul essai, où on peut gagner 60 cm en un clin d'oeil, devenir le roi du monde en un seul saut."

A 13 ans, son ciseau est repéré à Montreuil par Hervé Stiévenart, faiseur de triple-sauteurs comme Serge Hélan, l'ancien recordman de France, Pierre Camara ou Benjamin Compaoré, champion du monde Juniors en 2006. Depuis, l'héritier les a dépassés avec objectif de vouloir "entrer dans la légende de mon sport, dans le panthéon d'Idowu ou Edwards". Il s'en est singulièrement approché dimanche en rejoignant Edwards et Harrison, champion olympique 1996, au-delà des 18 mètres.

Benjamin Compaoré, qui lui donna une partie de ses équipements pour qu'il puisse sauter "en étant chaussé correctement", n'en avait jamais douté, qui disait il y a encore peu de temps à propos de Tamgho: "Teddy, il est tellement doué qu'il pourrait sauter 17,50 m avec une seule jambe. Quand il est en forme, le record du monde est toujours en danger."

L'espoir ?

Pierre-Ambroise Bosse
Pierre-Ambroise Bosse © CC Erik van Leeuwen

Pierre-Ambroise Bosse est arrivé en finale du 800m . Pour ses premiers championnats du monde c’est déjà un bon résultat mais le français -2e de sa série- suscite énormément d’espoirs. L'absence du champion olympique David Rudisha, blessé, lui ouvre une porte que l'Ethiopien Mohammed Aman pourrait lui claquer sur les doigts.

Bosse, 21 ans, champion d'Europe Espoirs cet été et médaille de bronze aux Championnats d'Europe seniors l'an passé à Helsinki ne veut pas se mettre de pression : "Je ne me mets aucun scénario en tête. J’irai à l’instinct. Je veux aller chercher la meilleure place possible. Nous sommes tous des humains !"

Mahieddine Mekhissi, le "steeplechaser" qui veut de l'or

Il vaut de l’or est compte bien l’obtenir à Moscou. Mahieddine Mekhissi-Benabbad a un palmarès enviable sur le 3 000 m steeple : vice-champion olympique en 2008 et 2012. Champion d'Europe en 2010 et en 2012. En 2011, il obtient la médaille de bronze aux championnats du monde, à Daegu.

Mahieddine Mekhissi
Mahieddine Mekhissi © CC Georges Biard

Deuxième performeur mondial cette saison , Mahieddine Mekhissi est champion d'Europe en salle du 1 500 mètres à Göteborg. Le 5 juillet denier il a établit un nouveau record d'Europe du 3 000 m steeple lors du meeting Areva de Saint-Denis en 8’’00’09, un record qui était détenu par son compatriote Bob Tahri.

Ce grand athlète, va devoir s’attaquer à nouveau à la domination des Kényans. Il est d’ailleurs le seul non-Kényan présent dans les sept meilleurs chronos de la saison, Mahiedine Mekhissi et il y croit.

Le plus gros obstacle sur la piste du français sera biensur le Kényan Ezekiel Kemboi, double champion du monde en titre et bien décidé à faire la passe de trois.

Renaud Lavillenie : "au centimètre près"

renaud lavillenie en or à londres
renaud lavillenie en or à londres © reuters

Un peu comme le sprinteur Usain Bolt dans son domaine, le perchiste français Renaud Lavillenie écrase la concurrence depuis quatre ans.

Qualifié ce samedi avec son frère, Valentin, à la finale de la perche, il lui manque encore l'or des Mondiaux, qui lui a échappé en 2009 et en 2011.

Le champion olympique de Londres, médaillé de bronze à Berlin puis à Daegu, a donc décroché sa chance de réparer cette incongruité lundi soir à partir de 17h en France, 19h locales. Il représentera alors la seule très sérieuse chance de titre pour l'équipe de France d'athlétisme, qui a touché l'or pour la dernière fois en 2005.

Depuis son premier titre international, celui de champion d'Europe en salle en 2009, Renaud Lavillenie a tout raflé ou presque : encore champion d'Europe en salle en 2011 et 2013, le Clermontois est devenu champion d'Europe en plein air 2010 et 2012 avant le titre olympique, il y a un an. Compte-t-il s'arrêter là ? Visiblement, non.

Je ne me fixe aucune limite quant à passer telle ou telle barre

"Mon moteur est uniquement de me faire plaisir, de sauter pour le plaisir. Alors, seulement, la performance suivra", dit-il.

Début juillet, à la veille du meeting de Lausanne lors duquel il a raté ses trois sauts, Renaud Lavillenie avait annoncé son objectif : franchir une barre à six mètres avant Moscou. "Me présenter aux championnats du monde à Moscou en ayant passé six mètres serait un bonus de confiance", promettait-il alors. Aussitôt dit, presque aussitôt fait. A Londres, dans le stade de ses exploits olympiques, il a sauté fin juillet 6,02 mètres, établissant un nouveau record de France en plein air . Grâce à cette performance, il est devenu le septième homme le plus haut perché de l'histoire.

Au centimètre près...

"Si haut, à six mètres, tout se joue au centimètre près. Alors, il faut être adroit, comme un chat, tout au feeling, dans l'esquive de la barre", décrit-il lâchant un sourire, satisfait d'appartenir "à ce cercle fermé des gars à six mètres".

A ce jour, ce poids plume d'1,77m pour 69 kg a franchi quatre fois la barre des six mètres, en plein air et en salle. A Moscou, Renaud Lavillenie va donc tenter de devenir le premier Français champion du monde de l'histoire de la perche . Avant lui, Thierry Vigneron en 1987 puis Romain Mesnil en 2007 et 2009 avaient décroché l'argent. Mais eux ne dominaient pas la discipline comme lui aujourd'hui.

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