En visite à Rio jeudi, François Hollande va promouvoir la candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2024. Mais les JO ont ruiné presque toutes les villes qui les ont organisés.

La ville de Paris est candidate pour accueillir les Jeux Olympiques 2024
La ville de Paris est candidate pour accueillir les Jeux Olympiques 2024 © Reuters / Benoît Tessier

Dans un an, en septembre 2017, le Comité international Olympique (CIO) désignera la ville hôte des Jeux Olympiques de 2024. EtParis est candidate pour accueillir la compétition. Les Jeux de Rio sont une occasion rare pour François Hollande de s'entretenir avec l'ensemble des membres du CIO et tenter de les convaincre d'accorder les Jeux à la capitale française.

Face à Paris, trois autres prétendantes sont en lice : Budapest, Los Angeles et Rome. Un véritable marathon va s'engager jusqu'à la remise des dossiers de candidature en février 2017. Mais la France a-t-elle les moyens de se lancer dans une telle course de fond, alors même que le pays tente de réduire son déficit public et sa dette ?

Les Jeux Olympiques ont été ruineux pour presque tous les pays hôte

"On multiplie depuis 20 ou 25 ans les exemples de villes qui ont eu de grosses difficultés ensuite", dit l'économiste du sport Jean-Pascal Gayant, professeur à l'université du Mans. Dernier en date, "la Grèce a fait énormément d'emprunts pour financer ses Jeux, ce qui a participé de son surendettement" et a contribué à la grave crise économique qui touche le pays :

L'organisation des JO de Moscou en 1980 ont contribué aux difficultés économiques et sans doute à la chute de l'URSS (Jean-Pascal Gayant, économiste du sport)

Selon l'économiste, le problème vient du fait que "les coûts sont pour le public, les bénéfice pour le privé". Le BTP, les entreprises de communication et d'événementiel tirent profit des constructions d'installations et des campagnes publicitaires de la compétition.

Mais la société dans son ensemble ? Certes, une ville-hôte est fière d'accueillir les Jeux. Elle en tire aussi un bénéfice d'image dans le monde entier. Mais ces avantages sont "discutables" : "pour les Jeux de Londres des travaux ont chiffré le bénéfice en terme de fierté, de bien-être à deux milliards, qu'il faut mettre face aux 12 milliards qu'ont coûté les Jeux", dit Jean-Pascal Gayant.

La France sous-estime le coût des Jeux... comme tous les candidats

La ville de Paris propose des Jeux Olympiques "sobres" qui coûteraient 6,2 milliards d'euros. Les français ont en tête la gabegie des Jeux de Londres, qui ont coûté près de trois fois plus que les 4,8 milliards initialement annoncés. Mais pour Jean-Pascal Gayant, la candidature parisienne a de grandes chances de dépasser elle aussi son budget initial.

"Un exemple de ville qui n'a pas perdu d'argent avec les JO c'est Los Angeles en 1984, parce que la ville a pu imposer l'utilisation d'infrastructures déjà existantes, puisqu'elle avait déjà organisé les Jeux soixante ans plus tôt", assure Jean-Pascal Gayant, qui ne trouve que Barcelone, en 1992, comme autre exemple de Jeux "à l'équilibre" financièrement. Cette fois, c'était parce que le pays était dans une phase de développement économique sans précédent, et que l'urbanisation permise par les Jeux Olympique a pu être valorisé en développant des infrastructures touristiques.

La solution ? Choisir une ou plusieurs "villes olympiques" dans le monde

L'économiste propose d'"Organiser les Jeux dans une seule ville, ou alors choisir quatres villes pour organiser les Jeux à tour de rôle". Seul moyen selon lui ne pas avoir "des terrains de hockey sur gazon ou des piscines de water polo qui sont très peu [ré-]utilisées!" et laissés à l'abandon.

Le chercheur promeut un système de contributions de l'ensemble des pays participants au financement des installations et de la compétition : "La sélection actuelle des villes hôtes est un concours d'ego, il faut le remplacer par davantage de collaboration entre les nations".

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.