La seule équipe canadienne évoluant en NBA dispute, à partir de ce vendredi, la finale du championnat de basket nord-américain. Une première pour la franchise créée il y a 24 ans et régulièrement moquée sur les réseaux sociaux.

Les Raptors de Toronto, dont la mascotte est un vélociraptor, ont été régulièrement moqués sur les réseaux sociaux.
Les Raptors de Toronto, dont la mascotte est un vélociraptor, ont été régulièrement moqués sur les réseaux sociaux. © AFP / Anatoliy Cherkasov / NurPhoto

Cette fois, fini de rire. Pour la première fois de leur histoire, les Raptors de Toronto vont disputer les Finales NBA, la ligue de basket nord-américaine et la plus importante du monde. Une qualification en forme de revanche pour l'équipe, la seule des trente franchises évoluant en NBA, à être basée en dehors des États-Unis.

Car les Raptors sont presque une anomalie, créés en 1995, à une époque où la ligue veut s'étendre au-delà des frontières américaines. Mais le Canada, ce ne sont pas les les États-Unis. Les meilleurs joueurs soit ne sont pas prêts à monter aussi haut, soit finissent par partir vers d'autres clubs plus prestigieux. Résultat : après une série de mauvais résultats sportifs et financiers, les Grizzlies de Vancouver, l'autre franchise canadienne créée en 1995, finissent par migrer à Memphis, dans le Tennessee. Les Raptors parviennent à se démarquer avec l'arrivée de Vince Carter, considéré comme l'un des meilleurs "dunkers" de l'histoire, en 1999. En revanche, leur réputation de "losers" va leur coller à la peau.

Barney le dinosaure et LeBron le bourreau

"On en a assez des gens qui se moquent de nous et qui pensent que nous ne sommes pas bons... Ceux qui pensent que comme nous sommes de Toronto, nous devrions pas faire partie de la NBA", se désolait le joueur D. J. Augustin en 2013, plus de quinze ans après la création du club. Il faut dire que les Raptors sont une proie facile. À chaque défaite, leur mascotte et emblème, un vélociraptor, est régulièrement parodié et comparé à Barney, le héros d'un dessin animé pour enfants diffusé à partir de 1992 aux États-Unis. C'est un dinosaure lui aussi, mais à l'allure beaucoup moins agressive.

En 2018, Les Raptors signent l'une de leurs défaites les plus mémorables, ou en tout cas celle qui va faire le plus de bruit sur les réseaux sociaux. Cette année-là, l'équipe se fait balayer en playoffs pour la troisième année consécutive par les Cavaliers de Cleveland et leur star LeBron James. Une performance identifiée sur Twitter par le hashtag "LeBronto", contraction de "LeBron" et "Toronto", avec à chaque fois des messages ironiques faisant de LeBron James un bourreau qui règne sur la ville et son équipe. Vélociraptors oblige, un photomontage très partagé fait également de lui une météorite qui mettrait fin à l'existence des dinosaures.

Drake et Godzilla

Si on parle (et qu'on se moque) autant des Raptors sur les réseaux sociaux, c'est aussi dû à leur ambassadeur : Drake. Originaire de Toronto, le rappeur est un supporter inconditionnel de la franchise. Le problème, c'est qu'il a la réputation de faire perdre tous les sportifs avec lesquels ils s'affichent sur les réseaux sociaux. Et pendant les matchs, sur le bord du terrain, il a l'habitude d'en faire des tonnes, pour le plus grand bonheur des internautes.

Les Raptors ont beau se faire chambrer (gentiment), ils n'en restent pas moins suivis par toute une ville, dans un pays où le hockey-sur-glace est roi. Après leur qualification, des milliers de supporters sont ainsi descendus dans les rues de Toronto pour fêter l’événement.

Et si cette place inédite en Finales NBA mettait fin aux blagues sur les réseaux sociaux ? Si le hashtag #LeBronto ou les photomontages refont régulièrement surface, certains préfèrent comparer les Raptors de 2019 à Godzilla, légèrement plus agressif que Barney le dinosaure.

Pour cette finale, les Raptors de Toronto affronteront les Warriors de Golden State, tenants du titre et grands favoris.

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