Alain Weill, patron d'Altice (le groupe qui possède RMC Sport), dénonce dans l'Instant M cette diffusion inattendue de la rencontre entre le PSG et Manchester United, alors que la chaîne privée paye 350 millions d’euros par an pour avoir l'exclusivité sur les matchs de Ligue des Champions et de Ligue Europa.

Kylian Mbappe lors du match Manchester United - PSG du 12 février 2019
Kylian Mbappe lors du match Manchester United - PSG du 12 février 2019 © AFP / Franck Fife

Il y a des coïncidences qui tombent bien : ce mardi soir, en plein match de Ligue des Champions entre le PSG et Manchester United, et alors que de nombreux internautes se plaignent de problèmes de diffusion sur le bouquet payant (près de 20 euros par mois) RMC Sport, voilà que la vidéo du match apparaît comme par magie sur la page Facebook du club lui-même. Provoquant une migration enthousiaste de certains spectateurs.

Mais du côté d'Altice, propriétaire des chaînes, les dents grincent. Invité mercredi de Sonia Devillers dans l'Instant M sur France Inter, son PDG Alain Weill explique qu'il "ne peut pas croire que ce soit une décision qui vienne du club" : "Il y a une chaîne de télévision brésilienne qui avait les droits de la Champion's League, qui a mis ces images sur Facebook et de là il y a eu un manque de contrôle total. C'est un problème mondial, ça a été vu dans le monde entier en-dehors des diffuseurs officiels. Et c'est arrivé, je ne sais pas comment, sur la page Facebook du PSG."

"Le piratage a toujours existé, à une échelle moins importante"

Contacté par nos confrères du Parisien, le club français confirme qu'il avait un accord pour la diffusion du match sur Facebook... mais seulement au Brésil. Que la vidéo en direct soit disponible sur la page Facebook du PSG était donc prévu, mais pas que des internautes français puissent aussi la voir.

Une enquête est en cours chez RMC Sport pour tenter de comprendre ce qui s'est passé, mais le patron d'Altice Europe parle d'un "dommage très important". "Il y a un problème de piratage qui est très important. C'est lié à toute la transformation digitale de la télévision, donc plein de nouveaux problèmes sont nés, ça ne touche d'ailleurs pas que la télévision." Il reconnaît toutefois que "le piratage a toujours existé, à une échelle moins importante. _Aujourd'hui, l'échelle est beaucoup plus importante, mais le marché aussi est plus important._"

Il suffit pour s'en convaincre de voir l'argent investi par le groupe en septembre dernier, pour s'assurer que les matchs de Ligue des Champions et de League Europa ne soient visibles en France que sur ses chaînes : 350 millions d'euros par an, plus du double de la somme investie par Canal+ et beIN Sports auparavant. Des exclusivités que le fonctionnement mondial d'Internet rend de plus en plus difficiles à préserver.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.