Rien ne semble pouvoir l'arrêter : la gymnaste américaine de 22 ans s'est emparée ce dimanche du record de médailles mondiales en s'offrant ses 24e et 25e récompenses, toutes les deux en or, à Stuttgart, en Allemagne.

Il est plus simple d'énumérer les titres que Simone Biles n'a pas gagné que de lire l'intégralité de son palmarès.
Il est plus simple d'énumérer les titres que Simone Biles n'a pas gagné que de lire l'intégralité de son palmarès. © AFP / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Jamie Squire

Seule au monde. Simone Biles est devenue ce dimanche 13 octobre, à 22 ans, la gymnaste la plus médaillée de l'histoire sur la scène mondiale, avec 25 récompense. La gymnaste domine tellement sa discipline qu'elle invente des figures jamais réalisées. Ces prouesses portent désormais son nom puisqu'elles ont été validées lors des éliminatoires des Mondiaux de gymnastique à Stuttgart. 

L'une, au sol, baptisée "The Biles II", consiste en un double salto arrière avec triple vrille et l'autre à la poutre ("The Biles") est une sortie en double salto arrière et double vrille. 

Au ralenti, cela donne ça : 

Aucun sportif en activité ne domine autant sa discipline que Simone Biles ne le fait en gymnastique. À 22 ans seulement son palmarès est ébouriffant. 

19 médailles d'or

Aux Mondiaux de Stuttgart, la gymnaste a remporté ce dimanche ses 24e et 25e récompenses mondiales. Elle compte 19 médailles d'or au total. 

En août dernier, son CV, épais comme un livre, s'est étoffé d'une nouvelle ligne : elle est devenue pour la sixième fois championne des États-Unis du concours général, performance inégalée depuis 67 ans. Six victoires en six participations, c'est déjà en soi un exploit. Mais cela devient sans précédent quand on sait que la gymnastique est l'un des sports les plus exigeants physiquement. Six ans de longévité à ce niveau dans ce sport constitue une première. Le corps de Biles ne fatigue pas. 

Pour bien mesurer l'écrasante domination, le prestigieux magazine "New Yorker" écrit : "Serena Williams ne gagne pas tous les tournois, Michael Phelps a déjà perdu une course. Biles n'a jamais perdu le concours général en six ans. Elle a gagné un total de vingt-cinq médailles mondiales et olympiques. Elle est en compétition seulement contre elle-même et pour longtemps".

Et Simone Biles inventa des figures

À force d'être habituée aux médailles d'or, il faut bien que Simone Biles satisfasse sa boulimie d'exploit avec autre chose. Elle invente donc ces figures, mouvements inédits qu'elle a présentés pour la première fois au public lors des championnats des États-Unis l'été dernier.

La première figure a été réalisée à la sortie à la poutre : double salto arrière groupé avec une double vrille

Et la seconde au sol, avec une triple vrille avec double salto (ne le faites pas dans votre salon, sait-on jamais si l'envie vous prenait).

La consécration ultime a donc été atteinte ce week-end aux Championnats du monde à Stuttgart avec la validation par la Fédération internationale.

Et Simone Biles devint une voix de #metoo

La puissante fédération américaine de gymnastique est très affaiblie par un scandale d'agressions sexuelles, commises par son ancien médecin en chef. Larry Nassar a été condamné à perpétuité pour avoir abusé de plus de 250 athlètes pendant plus de vingt ans. Simone Biles a été une de ses victimes, elle l'a avoué dans un message Twitter dans lequel elle a également expliqué ses difficultés à surmonter cette douleur. 

Simone Biles a aussi mis en cause la fédération américaine, décidément bien silencieuse pendant les deux décennies durant lesquelles l'agresseur sévissait au milieu de ces jeunes femmes.  

"Pendant trop longtemps, je me suis demandée : 'Est-ce que j'ai été trop naïve ? Est-ce que c'était ma faute ?' Je connais désormais la réponse à ces questions. Non. Non, ce n'était pas ma faute. Non, je n'assumerai et ne devrais pas avoir à assumer la culpabilité qui est celle de Larry Nassar, de la Fédération américaine et d'autres", écrit Simone Biles lors de cette confession rédigée en janvier 2018. 

Elle avait alors juré de ne pas vouloir être réduite à ce statut de victime de cet agresseur en série. Simone Biles a une parole, elle sait la tenir. 

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