La gymnaste américaine de 22 ans domine tellement sa discipline qu'elle invente des figures jamais réalisées. Elle est devenue championne des États-Unis du concours général pour la sixième fois. Performance inégalée depuis 67 ans ! Elle n'est pas une légende de la gymnastique, mais du sport mondial.

Il est plus simple d'énumérer les titres que Simone Biles n'a pas gagné que de lire l'intégralité de son palmarès.
Il est plus simple d'énumérer les titres que Simone Biles n'a pas gagné que de lire l'intégralité de son palmarès. © AFP / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Jamie Squire

Aucun sportif en activité ne domine autant sa discipline que Simone Biles ne le fait en gymnastique. À 22 ans seulement son palmarès est ébouriffant. 

Quatorze titres de championne du monde, quatre titres olympiques. Cela fait d'elle la gymnaste la plus titrée de l'histoire. 

Depuis le week-end dernier, son CV, épais comme un livre, compte une nouvelle ligne : elle est devenue pour la sixième fois championne des États-Unis du concours général. Six victoires en six participations, c'est déjà en soi un exploit. Mais cela devient sans précédent quand on sait que la gymnastique est l'un des sports les plus exigeants physiquement. Six ans de longévité à ce niveau dans ce sport constitue une première. Le corps de Biles ne fatigue pas. 

Pour bien mesurer l'écrasante domination, le prestigieux magazine "New Yorker" écrit : "Serena Williams ne gagne pas tous les tournois, Michael Phelps a déjà perdu une course. Biles n'a jamais perdu le concours général en six ans. Elle a gagné un total de vingt-cinq médailles mondiales et olympiques. Elle est en compétition seulement contre elle-même et pour longtemps".

Et Simone Biles inventa des figures

À force d'être habituée aux médailles d'or, il faut bien que Simone Biles satisfasse sa boulimie d'exploit avec autre chose. Elle invente donc ces figures, mouvements inédits qu'elle a présentés au public lors des championnats des États-Unis le week-end passé.

La première figure a été réalisée à la sortie à la poutre : double salto arrière groupé avec une double vrille

Et la seconde au sol, avec une triple vrille avec double salto (ne le faites pas dans votre salon, sait-on jamais si l'envie vous prenait).

La consécration ultime peut être atteinte lors des Championnats du monde à Stuttgart en octobre prochain pour que ces sauts soient validés… et puissent enfin porter son nom. 

Et Simone Biles devint une voix de #metoo

La puissante fédération américaine de gymnastique est très affaiblie par un scandale d'agressions sexuelles, commises par son ancien médecin en chef. Larry Nassar a été condamné à perpétuité pour avoir abusé de plus de 250 athlètes pendant plus de vingt ans. Simone Biles a été une de ses victimes, elle l'a avoué dans un message Twitter dans lequel elle a également expliqué ses difficultés à surmonter cette douleur. 

Simone Biles a aussi mis en cause la fédération américaine, décidément bien silencieuse pendant les deux décennies durant lesquelles l'agresseur sévissait au milieu de ces jeunes femmes.  

"Pendant trop longtemps, je me suis demandée : 'Est-ce que j'ai été trop naïve ? Est-ce que c'était ma faute ?' Je connais désormais la réponse à ces questions. Non. Non, ce n'était pas ma faute. Non, je n'assumerai et ne devrais pas avoir à assumer la culpabilité qui est celle de Larry Nassar, de la Fédération américaine et d'autres", écrit Simone Biles lors de cette confession rédigée en janvier 2018. 

Elle avait alors juré de ne pas vouloir être réduite à ce statut de victime de cet agresseur en série. Simone Biles a une parole, elle sait la tenir. 

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