Fin mai, l’équipe de France féminine a dû quitter les logements du château de Clairefontaine pour laisser sa place aux Bleus. Le début d'une polémique autour de l'égalité de traitement entre les deux sélections. Mais qu'en est-il de la question des primes de résultat ?

Pour Gaëtane Thiney (à droite sur la photo), milieue des Bleues, la situation des femmes et des hommes n'est pas forcément "comparable"
Pour Gaëtane Thiney (à droite sur la photo), milieue des Bleues, la situation des femmes et des hommes n'est pas forcément "comparable" © AFP / Franck Fife

Aux Jeux olympiques, les primes versées par le Ministère des sports (sur son propre budget) sont équivalentes pour les athlètes masculins et féminins (50 000 euros pour une médaille d’or, 20 000 euros pour une médaille d'argent et 13 000 euros pour une médaille de bronze). Le système est diffèrent dans le monde du football.

En tant que telle, une sélection en équipe de France de football ne donne pas droit à une rémunération spécifique. Mais à l’occasion d’une Coupe du monde, la FIFA (Fédération internationale de football association) alloue une dotation financière à chaque fédération participante. Et c’est à partir de cette somme que les fédérations nationales distribuent des primes pour récompenser les joueurs et leur encadrement. 

L’égalité en pourcentage mais pas en euro

Les Bleues vont se partager 30% de la dotation FIFA attribuée à la France, soit le même pourcentage que les hommes lors du dernier Mondial en Russie, selon une source proche de l'équipe de France. Si l’égalité est réelle en termes de pourcentage, ce n’est plus du tout la même histoire en termes de sommes finales car les joueuses de l’équipe de France toucheront beaucoup moins que les coéquipiers d’Antoine Griezmann à l’issue de leur campagne victorieuse en Russie. 

En effet, pour le mondial masculin 2018, la dotation globale de FIFA était de 400 millions de dollars. Chez les femmes, la somme globale ne sera « que » de 50 millions de dollars (soit un peu moins de 45 millions d’euros), dont 20 millions destinés à organiser les matchs préparatoires qui ont précédé la compétition et à dédommager les clubs qui libèrent leurs joueuses. 

Au final, ce sont donc 30 millions de dollars que les 24 équipes qualifiées se répartiront en fonction de leur performance avec 4 millions de dollars pour le vainqueur, soit un peu plus de 3,5 millions d'euros. Si cette somme a doublé par rapport au Mondial 2015 au Canada, l’écart avec les hommes reste encore considérable. A titre de comparaison, la FIFA a versé 38 millions de dollars à la seule Fédération française après la victoire des Bleus. 

350 000 euros pour les hommes

In fine, chaque joueur et membre de l'encadrement de l'équipe de France masculine (soit 27 personnes) avait touché autour de 350 000 euros. Dès lors, si l'on applique la même règle de calcul, chacune des Bleues et membre du staff technique touchera un peu moins de 40 000 euros. Toutefois, la milieu de terrain des Bleues Gaëtane Thiney a tenu à balayer tout début de polémique : "Les primes sont ce qu'elles sont. Si on rapporte autant que les hommes, je n'ai pas de souci à gagner autant. Mais si on fait les comptes, je ne suis pas sûr que l'équipe de France féminine rapporte autant que les hommes. Alors est-ce comparable ? Non.

En Division 1 féminine, la capitaine de l'Olympique Lyonnais, Amandine Henry, serait la joueuse française la mieux payée selon France Football avec 360 000 euros annuels, soit 30 000 euros mensuels bruts (salaire et primes contractuelles).

La Coupe du monde commence vendredi. Les Bleues affrontent la Corée-du-sud.

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