Vendredi 28 juin à 21h, l’équipe de France affronte les États-Unis en quarts de finale au Parc des Princes à Paris. Une rencontre où les Bleues ne sont pas favorites face aux tenantes du titre. Des Américaines qui ont déjà remporté trois des sept Coupes du monde. Une domination dont les racines remontent aux années 70.

Julie Ertz, Rose Lavelle et Mallory Pugh célèbrent leur victoire contre l'Espagne en 1/8 de finale du Mondial 2019 à Reims
Julie Ertz, Rose Lavelle et Mallory Pugh célèbrent leur victoire contre l'Espagne en 1/8 de finale du Mondial 2019 à Reims © Getty / Marc Atkins

Avec trois Coupes du monde (1991, 1999 et 2015) et quatre titres olympiques (1996, 2004, 2008 et 2012), la sélection féminine des États-Unis détient un palmarès inégalé. Plus impressionnant encore : à l’exception d’une élimination par la Suède en quarts de finale lors des derniers Jeux Olympiques, les Américains arrivent toujours dans le dernier carré d’un grand tournoi mondial. C’est dire l’immensité de la tâche qu’auront à relever les coéquipières d’Amandine Henry.

Le Titre IX, l’un des éléments déclencheurs de l’essor du « soccer » féminin

Pour trouver une des explications à cette domination, il faut remonter à 1972. C’est l’année du vote du Titre IX, un amendement qui interdit toute discrimination de genre dans les programmes d’éducation soutenus financièrement par l’Etat. Cela marque le début de compétitions sportives féminines dans les lycées et universités américains. 

Même si certains établissements font de la résistance, le développement du football devient inexorable et se généralise dans les années 1980. À titre d’exemple, il n’y avait que 700 footballeuses dans les lycées avant le vote du Titre IX. Aujourd’hui, elles sont plus de 390 000. Le ballon rond devient aussi une façon de pouvoir décrocher une bourse dans les coûteuses universités américaines. Résultat : on estime qu’il y a près de 2 millions de licenciées outre Atlantique soit 10 fois plus qu’en France. Et forcément, le réservoir de talents y est bien plus grand qu’ailleurs.

Un championnat fort et des personnalités inspirantes

Forte de ce vivier, un premier championnat professionnel est lancé à la fin des années 90, au lendemain du deuxième titre mondial de la section américaine. Aujourd’hui sous l’égide de la National Women’s Soccer League (NWSL) depuis 2013, le championnat est considéré comme le meilleur du monde. Quelques joueuses françaises comme Amandine Henry, Laura Georges ou Camille Abily se sont frottées aux côtés des meilleures Américaines commeMegan Rapinoe, Carli Lloyd ou la très médiatisée Alex Morgan et ses 13 millions d'abonnés sur les réseaux sociaux. 

Bien payées par leur fédération, elles réclament encore aujourd’hui les mêmes moyens que les hommes. Des modèles inspirants qui suscitent des vocations et ne risque pas de tarir le réservoir de joueuses. Avec un seul but encaissés pour 20 marqués (dont 18 en phase de poule, un record), l’équipe américaine a déjà montré sa force dans cette coupe du monde.

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