Ce week-end, plus de 20 000 participants vont participer à une course organisée dans un camp militaire : le Mud Day. Mais ne vous fiez pas à son nom : cette course n'est pas qu'un sympathique footing les pieds dans la gadoue. L'auteur de cet article a expérimenté cet objet du diable.

Le Mud Day, une course dans la boue
Le Mud Day, une course dans la boue © AFP / Boris HORVAT

C'était il y a quelques années, je ne me souviens ni où, ni quand : j'ai perdu la mémoire et ça m'arrange, mon cerveau a su être sélectif. J'avais fini par céder aux propositions répétées de mon amie Laetitia (le prénom a été modifié pour respecter son anonymat), qui m'avait vendu des semaines durant les mérites et le fun qui allait découler de cette course à pied dont la particularité était de se faire dans la boue. 

En entendant que ce week-end, sur la base militaire de Beynes (Yvelines), aurait lieu la nouvelle édition du Mud Day, la plus connue de ces courses d'obstacles farcies de boue, et que quelque 20 000 personnes allaient y participer, les souvenirs de ce jour diabolique me sont remontés d'un coup. Je ne pouvais pas laisser des dizaines de milliers de personnes se lancer, tête baissée, dans la boue, sans savoir. 

Pluie et coureurs chevronnés

Je m'entraînais à courir depuis quelque temps déjà, avec deux ou trois courses de dix kilomètres à mon actif, alors une épreuve sportive de plus ne me faisait pas peur. Mais c'est quand je suis arrivé, le matin même, sous une pluie fine, sur le lieu de la course, que j'ai commencé à prendre peur. Pas (ou peu) de coureurs du dimanche, mais des gens assurément mieux préparés (physiquement comme psychologiquement) que moi.

C'est au coup de feu marquant le départ de la course que j'ai réellement pris conscience du cauchemar dans lequel je m'étais engagé. Ou plutôt, non : les premières centaines de mètres ressemblent somme toute à n'importe quelle course dans un environnement naturel, légèrement boueux. Pas le moindre souci. Seulement des chaussures un peu moins adhérentes au sol - tiens, il faudra changer de chaussures pour un modèle plus professionnel, se dit alors le simple amateur que je suis.

La boue ? Un alibi.

Le premier obstacle arrive. Précisément ce que je craignais : un bain de boue. Réellement un bain de boue, une fosse recouverte d'un filet, sous lequel il faut ramper pour avancer. Et c'est là que je comprends : la boue n'est qu'un alibi. Ces courses ne sont pas des "footings dans la boue", ce sont d'atroces parcours d'obstacles qui ont, en outre, la particularité de se faire dans la boue

En voyant, aujourd'hui encore, la liste des épreuves du Mud Day, je frisonne : ramper 25 mètres sous les barbelés, une échelle dont les barreaux sont espacés d'un mètre, une course de 110 mètres haies faite de rondins et de barbelés, des murs à franchir, des chocs électriques, de la nage, des bosses... Mais où est le plaisir ?

Du froid et des larmes

Alors certes, il est possible de passer outre un obstacle en le contournant. Mais sautez un obstacle, puis deux, et trois, et vous sentez que le divertissement vous échappe. Alors vous essayez encore, de franchir à bout de bras ce mur sans prise. Et vous finissez par abandonner. Pour de bon. Pour moi, la course s'est achevée comme ça, dans le froid, la boue solidifiée sur ma tenue et les larmes de fatigue. 

Voilà donc le conseil d'un coureur du dimanche : si vous aimez courir pour le plaisir de prendre un peu de temps libre, pour vous amuser, fuyez tant qu'il en est temps. Il n'y aura plus de course de la sorte pour moi, si je veux tenter une activité sportive insolite, j'irai plutôt courir sous les poudres colorées ou à la nuit tombée. 

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