Avec le confinement débuté le 30 octobre dernier, le sport amateur est de nouveau à l'arrêt. Il existe pourtant quelques exceptions pour pratiquer une activité physique. L'une d'elles, c'est le sport sur ordonnance. Mais attention, sa prescription est très encadrée et réservée à un petit nombre de malades.

À Strasbourg, ville pionnière du sport santé, des dérogations sont possibles mais les groupes très réduits et respectant la distanciation
À Strasbourg, ville pionnière du sport santé, des dérogations sont possibles mais les groupes très réduits et respectant la distanciation © Maxppp / Vincent VOEGTLIN

Depuis le 30 octobre dernier et le deuxième confinement en France, le sport amateur est à l'arrêt. La seule pratique possible pour tous est la règle du sport à un kilomètre autour de chez soi, à pied ou à vélo, et durant pas plus d'une heure. Pourtant, ce week-end, des surfeurs se sont mis à l'eau, en Bretagne notamment, sous le regard des gendarmes et sans écoper d'amende car ils avaient sur eux une prescription médicale. A Biarritz, en revanche, une nonagénaire a été empêchée d'aller nager, entraînant la plus grande confusion sur qui avait le droit de faire du sport aujourd'hui et dans quelles conditions.  

Alors, oui, le sport sur ordonnance est autorisé, c'est le cas à Strasbourg, la ville pionnière en France pour le sport santé, mais sa pratique est aujourd'hui réservée à un nombre très restreint de personnes. Inutile donc de partir à la chasse aux prescriptions médicales de complaisance, prévient le ministère des Sports.

Encadrement strictement réglementé

Alors que les centres sportifs accueillant du public, en plein air ou à l'intérieur, sont fermés au moins jusqu'au 1er décembre, la ministre déléguée aux Sports, Roxana Maracineanu, en déplacement ce week-end à Pau, a toutefois rappelé que la thérapie par le sport restait bel et bien autorisée durant cette seconde période de confinement. Mais cela entre dans le cadre de dérogations très strictes, précisées par le décret du 29 octobre 2020.

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Ainsi, pour le sport sur ordonnance, la pratique est très encadrée : seuls les malades chroniques ou souffrant d'une affection longue durée (dite ALD) peuvent bénéficier d'une prescription médicale pour une activité physique adaptée. Cela concerne, selon le décret du 1er mars 2017, une trentaine de pathologies lourdes identifiées telles que le diabète, l'obésité,  les maladies cardio-vasculaires, certains cancers ou encore la dépression ou la maladie d'Alzheimer. 

D'où la mise en garde de la ministre déléguée aux Sports ce week-end après la polémique naissante autour des surfeurs : "Il ne s'agit pas d'aller au-delà en faisant des prescriptions médicales pour d'autres personnes qui n'ont pas ces problèmes mais veulent continuer à pratiquer leur passion et qui en font presque une condition de survie. Je comprends leur frustration mais au nom de l'intérêt général, on leur demande participer à l'effort national" a-t-elle déclaré ce samedi à Pau, avant d'ajouter : "je n'imagine pas que des médecins qui connaissent la situation dans les hôpitaux, puissent déroger à cette règle". 

"Je n'imagine pas que l'on puisse délivrer des ordonnances de complaisance alors que toutes les 4 minutes, un Français meurt à cause de ce virus" - Roxana Maracineanu

À Strasbourg, le sport sur ordonnance en groupe et en intérieur 

À Strasbourg, Alexandre Feltz, adjoint à la mairie chargé de la Santé, applique ces directives, satisfait que, contrairement au premier confinement, les dérogations se soient mises en place rapidement : "On sait que les gens qui font un Covid grave sont souvent des personnes obèses, malades ou âgées et qu'une des meilleures façons de prévenir un Covid grave, c'est l'activité physique. Le sport est un médicament même en temps de Covid, et surtout même en période Covid, je dirai", explique l'élu qui est aussi médecin généraliste. 

Dans cette ville pionnière en terme de sport santé, 800 patients pratiquent chaque semaine, en temps normal, une activité physique adaptée. Mais, durant le confinement, certains ont préféré opter pour les séances en visio, à distance, même si le sport en groupe et/ou en intérieur reste autorisé pour ce public prioritaire, précise Alexandre Feltz : "Dès que c'est possible de faire l'activité en extérieur, on continue à le faire avec des gestes barrières très importants, avec des distances de sécurité et avec les masques quand c'est possible. _On continue également dans les piscines et les gymnases mais avec des groupes plus petits_. Le sport santé se fait souvent en groupe de 10 à 15 : là, j'ai demandé que l'on descende plutôt entre 5 et 10." Des séances de sport toujours encadrées par des éducateurs spécialisés.

"Une des meilleures façons de se prémunir contre un Covid grave, c'est l'activité physique"

Le sport comme outil de prévention du Covid

Et s'il respecte les dérogations limitées aujourd'hui aux malades, Alexandre Feltz ne s'en cache pas non plus, il plaide pour que la pratique du sport, en temps de Covid, soit un peu plus souple, surtout dans les grands espaces, en pleine nature, choqué, dit-il, notamment par cette nonagénaire empêchée d'aller nager par les gendarmes, ce vendredi 6 novembre, à Biarritz : "C'est une image incroyable, on marche sur la tête", réagit-il, avant d'expliciter sa pensée : "je pense que c'est une erreur qu'on a faite de ne pas permettre les activités en pleine nature, là où la distanciation physique est de fait une réalité. Pour moi, il serait important d'autoriser un accès plus large aux activités physique de nature, que cela concerne les océans, les rivières, les parcs, les forêts, car c'est fondamental pour la prévention des maladies somatiques mais aussi psychiques. Si les choses durent, il est préférable d'organiser cette activité plutôt que de l'interdire comme c'est le cas aujourd'hui".     

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Soutien de la mairie pour la pratique sportive des soignants

En attendant peut-être un assouplissement de la pratique sportive, le sport sur ordonnance à Strasbourg va déjà - dans les prochains jours, le temps de régler les détails techniques - être étendu aux malades du Covid longue durée, ceux qui souffrent encore notamment de troubles respiratoires. Une prescription médicale qui pourrait aussi être prochainement accordée à certains membres du personnel médical des hôpitaux de Strasbourg. 

C'est une information France Inter : la ville vient en effet d'être sollicitée par l'hôpital pour des dérogations pour son personnel soignant souffrant d'angoisses liées au Covid, "des soignants burn-outés, ce sont donc de nouveaux malades, des malades du stress, de l'angoisse autour du travail en milieu hospitalier et du Covid, des personnes qui souffrent aujourd'hui de troubles psychiques liés à leur travail à l'hôpital". 

Alexandre Feltz réfléchit donc  à un partenariat entre la ville et l'hôpital pour que des éducateurs sport santé puissent accompagner ce personnel dans des lieux dédiés à la pratique sportive. Si la décision n'est pas encore officielle, la demande venant tout juste d'être faite, l'élu et médecin indique qu'il va "très certainement y répondre favorablement".