Les JO de Tokyo sont prévus, si tout va bien, entre le 23 juillet et le 8 août 2021. Si tout va bien, car l'olympiade a été reportée à cause de la Covid-19 et, depuis, elle est très contestée par l'opinion japonaise qui la trouve mal venue et trop chère.

Les JO de Tokyo sont prévus, si tout va bien, entre le 23 juillet et le 8 aout 2021. Mais l'olympiade, reportée à cause du Covid est aujourd'hui très contestée par l'opinion japonaise
Les JO de Tokyo sont prévus, si tout va bien, entre le 23 juillet et le 8 aout 2021. Mais l'olympiade, reportée à cause du Covid est aujourd'hui très contestée par l'opinion japonaise © AFP / Philip FONG

Organiser les JO de Tokyo malgré le désaccord des Japonais ? La question se pose car les sondages sont très mauvais pour le gouvernement et le comité international olympique : entre 63 et 77% des sondés sont contre la tenue des Jeux l'été prochain à Tokyo, suivant les enquêtes ces dernières semaines. Soit parce que selon eux la pandémie ne sera pas terminée, soit parce que la Covid-19, plus le report d'un an de l'événement, ont fait exploser la facture de deux milliards d'euros. Et désormais, pour les Japonais, des JO à 13 milliards... C'est trop. 

Pire, il y a deux semaines le comité d'organisation des JO de Tokyo a accepté le remboursement de 810 000 billets achetés dans le pays, c'est à dire 18% des ventes en billetterie. Mais les autorités nippones ne lâchent pas l'affaire pour le moment. Et en début de semaine, la gouverneure de Tokyo, Yoshiro Koike, très populaire et récemment réélue haut la main, a assuré qu'elle ne voyait "aucun plan d'annulation" de l'olympiade. 

Des Jeux impopulaires, du déjà vu ?

Si on résume à gros traits : les Jeux olympiques sont hyper populaires jusque dans les années 80. Au-delà, progressivement, avec la crise, les surcoûts liés aux infrastructures, les affaires de corruptions et de dopage, les lendemains chantent nettement moins dans les pays hôtes et ça finit par se savoir... À Athènes, Londres, les ardoises sont lourdes. La facture a couté deux points de PIB aux Grecs en 2004, selon le CIO.  

Rajoutez à cela la question écologique et vous obtenez un renversement de l'opinion : Budapest, Boston et Hambourg ont renoncé à candidater pour 2024 parce que leur population était contre. Le point de bascule si situe probablement en 2016. À un mois de la cérémonie à Rio, 64% des Brésiliens interrogés estimaient que les JO allaient causer la ruine de leur pays, alors que trois ans avant, la même proportion était très enthousiaste. 

Et chez nous ?

Le comité d’organisation des Jeux de Paris a commandé un sondage rendu public ce jeudi et qui dit que 84% des sondés sont favorables à la tenue des jeux en France, mais il existe aussi un courant d’opposants, réuni sous la bannière du collectif "Non aux JO" qui a recueilli 32 000 signatures pour demander l'organisation d'un référendum sur le sujet, et des associations en Seine Saint-Denis qui élèvent la voix contre les infrastructures prévues au parc de la Courneuve, l’échangeur autoroutier prévu près d’une école à Saint-Denis, ou la possible disparition de jardins ouvriers à Aubervilliers. 

Le Comité international olympique a parfaitement conscience qu'il faut reconquérir l'opinion. Il inclut désormais dans son cahier des charges la maitrise des couts et l'écologie. Une manière d'amadouer le grand public. Mais l'opinion n'aura pas forcément le dernier mot : les Jeux restent un instrument politique puissant et convoité par des pays comme la Chine ou le Qatar.