Dimanche, aux Mondiaux de natation de Budapest, les spécialistes de la discipline vont plonger de 27 mètres de haut. La position du corps est fondamentale pour ne pas se blesser.

L'australienne Rhiannan Iffland vient de s'élancer depuis un plongeoir situé à 20 mètres de hauteur, devant le Parlement hongrois. Ce dimanche, les hommes effectueront des plongeons de 27 mètres.
L'australienne Rhiannan Iffland vient de s'élancer depuis un plongeoir situé à 20 mètres de hauteur, devant le Parlement hongrois. Ce dimanche, les hommes effectueront des plongeons de 27 mètres. © AFP / Martin Bureau

Près de trois secondes de chute et quelques saltos et vrilles plus tard, c’est l’impact. Les plongeurs de haut vol pénètrent dans l’eau à une vitesse de 90 km/h. Impossible de rentrer dans l'eau la tête la première. Les omoplates et les bras ne peuvent pas supporter le choc. Les pieds touchent d'abord la surface, suivis du reste du corps.

A ce moment-là, il faut être "bien gainé, droit, les jambes et les bras très serrés autour du corps", détaille Cyril Oumedjkane. Le Strasbourgeois, seul représentant français en lice dimanche aux Mondiaux de Budapest, décrit dans un entretien au quotidien L’Equipe l’importance de la position du corps lors de l’entrée dans l’eau.

Les pieds à plat, on ouvre un trou à la surface de l’eau. Tout le corps doit passer à l’intérieur de ce trou. Si l’eau s’infiltre entre les jambes, à cette vitesse de chute, cela nous fait faire le grand écart et on peut en ressortir avec les ligaments des adducteurs déchirés.

Des blessures graves

En 2013, lors d’une épreuve du circuit mondial, sur le port de La Rochelle, l’Ukrainien Anataloiy Shabotenko a subi un KO. Sa faute ? Il est entré dans l’eau, le torse très légèrement en arrière. Quelques années auparavant, l’Alsacien Hassan Mouti était retombé sur le flanc. Conséquences : hématome pulmonaire avec arrachement de la plèvre et épaule déboîtée. Le plongeur doit sa survie aux sauveteurs présents à quelques mètres du point d’impact.

Dans les épreuves officielles, trois apnéistes et un plongeur en bouteille se trouvent dans le bassin, en cas de besoin. Une fois revenu à la surface, le plongeur doit leur faire un signe de la main, indiquant qu’il ne s’est pas blessé.

Limiter le nombre de plongeons

Malgré une grande préparation, la violence des chocs est telle, pour les muscles, les os, les tendons ou les cartilages que même les meilleurs mondiaux ne peuvent pas effectuer plus de cinq à six sauts par jour. Et les périodes de repos entre chaque compétition doivent être strictement respectées, précise Orlando Duque, champion du monde 2013 du plongeon de haut vol.

Après deux ou trois jours à plonger de cette hauteur, il faut une à deux semaines d’arrêt. Le temps que les muscles, les articulations se remettent.

La discipline n’est apparue aux championnats du monde qu’en 2013, à Barcelone. La Fédération Internationale de natation est actuellement en discussions avec le Comité international olympique pour intégrer le plongeon de haut vol au programme des prochains JO, à Tokyo, en 2020.

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