Pascal Martinot Lagarde
Pascal Martinot Lagarde © Radio France / franck ballanger

Pascal Martinot Lagarde, le grand espoir français du 110 mètres haies poursuit sa progression. La spontanéité du début a laissé place à l’ambition. En attendant les demi finales d’aujourd’hui jeudi, le parisien voit grand. Sa marque de fabrique…

Lorsque vous avez été champion du monde chez les juniors, on vous promet toujours un avenir radieux chez les grands… mais les ratages sont légion ! Lorsqu’il était gamin, le tennisman Richard Gasquet ne mettait-il pas des volées à Rafael Nadal, le futur numéro 1 mondial ?

Pascal Martinot Lagarde sait tout cela et si son entrée dans la carrière a été fracassante, il ne s’est pas enflammé pour autant, franchissant les étapes de façon étonnement calme pour un garçon aussi impulsif.

Champion du monde junior du 110 mètres haies à Moncton, au Canada, en 2010, PML a bien digéré son passage chez les seniors et pour sa première compétition internationale avec la "grande" équipe de France, le parisien s’est même offert son premier podium. Un cadeau de bienvenue aussi mérité qu’inattendu. A Istanbul, en 2012, aux championnats du monde en salle, alors qu’il n’a que 20 ans, Martinot Lagarde prend le bronze derrière l’américain Aries Merritt et le chinois Liu Xiang, les deux cracks du moment. Un coup de maître qu’il célèbre à sa façon, en prenant dans ses bras tous les journalistes français présents en zone d’interviewes.

A ce moment-là, beaucoup vantent sa fraîcheur et sa spontanéité

stéphane caristan
stéphane caristan © Radio France / franck ballanger

A juste titre, mais puisque le parisien est intelligent, il comprend vite et apprend à calculer en moins de temps qu’il lui en faut pour sauter une haie. PML est un Petit Malin… Lucide ! D’une lucidité qui confine au pragmatisme. Au point de se dire : « Puisque les journalistes veulent du rigolo, je vais leur donner du rigolo et peu importe si je sur joue un personnage que je ne suis plus tout à fait ».

Pascal Martinot Lagarde n’est donc plus aussi " frais" qu’à ses débuts, mais c’est finalement assez logique, imparablement normal. Surtout quand on regarde son parcours d’un peu plus près : les nombreuses blessures qui ont freiné sa progression et qui l’ont privé de toutes les grandes compétitions internationales estivales depuis le début de sa carrière ne sont sans doute pas étrangères à cet état de fait.

Pour Stéphane Caristan, PLM est le type même du jeune d'aujourd'hui

A force de voir ses camarades de jeux s’ébrouer tous les étés quand lui devait se contenter de les regarder à la télé, Pascal Martinot Lagarde a durci son jeu. Privé des jeux de Londres en 2012 sur blessure et arrivé diminué au mondiaux de Moscou en 2013, PML finissait par se demander si il allait y arriver un jour. La jeunesse est impatiente ! C’est donc gonflé d’envie qu’il est arrivé à Zurich, aux championnats d’Europe, l’été passé. Sans doute un peu trop ! Au terme d’une ligne droite mal maîtrisée, l’ambitieux a du se contenter d’une médaille de bronze. Certes, la première en plein air de toute sa carrière après trois médailles internationales en salle, mais une "petite" médaille de bronze qui ne lui convenait absolument pas sur le coup. D’où une attitude un peu hautaine, mais surtout très irritante après la course. Du genre : « machin a gagné, mais tout le monde sait que le meilleur, c’était moi ». A l’époque, en équipe de France, on avait parlé de maladresse et c’était sans doute vrai : l’expression maladroite d’une grande frustration. Alors depuis, PML se soigne. Ou plutôt, il soigne son discours. Pour ne plus froisser, quitte à tout lisser.

L’hiver dernier, à Prague, Pascal Martinot Lagarde a remporté le premier titre de sa carrière

Garfield Darien
Garfield Darien © Radio France / franck ballanger

Encore une médaille en salle, aux championnats d’Europe, mais celle-ci était en or, le métal de ses rêves. Et puis en plus d’être le meilleur du continent, ce jour-là, le nouveau champion était aussi le meilleur de sa rue, le meilleur français puisqu’il devançait deux autres Bleus à l’arrivée : Dimitri Bascou et Wilhem Belocian. Peut-être le déclic dont il avait besoin pour se prendre tout à fait au sérieux. Suffisant en tout cas pour arriver en Chine avec de grands desseins. Hier au nid d’oiseau, PML a prouvé qu’il pouvait faire le match avec les meilleurs. Vainqueur de sa course en 13 secondes 35, il va devoir faire mieux pour atteindre la finale puis le podium, mais tous les favoris sont prévenus ! Les américains Aries Merritt ou David Oliver, le russe Serguei Shubenkov et bien sûr Dimitri Bascou et Garfield Darrien, les deux autres français du 110 mètres haies savent bien qu’il faudra compter avec Martinot Lagarde. Un grand enfant de 23 ans qui ne veut surtout pas qu’on touche à son jouet.

Garfield Darrien

►►► LIRE | M Le Maudit

►►► LIRE | La légende de Jimmy

►►► LIRE | Le nid d'un drôle d'oiseau

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.