Depuis la rentrée scolaire, les inscriptions sont en forte baisse pour s'essayer au ballon ovale. Un léger désintérêt lié à deux facteurs : la concurrence du Mondial de football mais aussi l'inquiétude grandissante des parents face aux risques qu'ils associent au rugby.

Mathieu Bastareaud regarde des jeunes rugbymen du club de Pontlieu s'entraîner
Mathieu Bastareaud regarde des jeunes rugbymen du club de Pontlieu s'entraîner © AFP / Christophe Simon

Le rugby est-il en train de devenir un sport qui fait peur aux enfants et à leurs parents ? Les inscriptions de nouveaux joueurs dans les clubs sont en baisse en cette rentrée. Pas de chiffre officiel avant novembre (il faudra attendre que les 13 Ligues régionales communiquent leurs statistiques), mais une tendance se dégage : le nombre de licenciés dans le rugby amateur diminue et la chute estimée serait comprise entre 5 % et 10 %.

Deux explications à cette désaffection : la victoire de la France en coupe du monde de football, qui a créé un engouement pour le ballon rond, et dans le même temps, l'augmentation de commotions cérébrales sur les terrains de rugby, qui effraie certaines familles.

À Suresnes (dans les Hauts de Seine), dans la chambre de Pierre, 9 ans, des maillots de rugby sont exposés sous des cadres en verre. L'enfant au visage rond porte même le tee-shirt sud-africain des Springboks... Et pourtant cette année, le bébé talonneur a refusé de retourner à l'école de rugby. "À chaque fois qu'il y avait un tournoi, dans le bus j'avais mal au cœur", explique-t-il. "Je stressais."

Malgré sa passion pour le rugby, Pierre, 9 ans, a préféré laisser tomber
Malgré sa passion pour le rugby, Pierre, 9 ans, a préféré laisser tomber © Radio France / Cecilia Arbona

"Le nombre de gamins avec des casques..."

Une décision prise par le petit garçon, alors que sa mère Emmanuelle l'encourageait à continuer : "Pour moi il avait les dispositions, et puis il avait plaisir à jouer. Il n'a jamais été à un entraînement en pleurant."

Au Rugby Club de Suresnes, d'autres enfants sont partis, et les effectifs des nouveaux inscrits sont en baisse. Jérémy Nicault est éducateur depuis 10 ans. Il explique que "les joueurs eux-mêmes" ont décidé que le sport était "trop violent pour eux". "Pour moi, clairement, c'est lié à l'image du Top14, du XV de France : le nombre de gamins qui se sont pointés avec des casques en début d'année... Alors qu'à part pour se protéger les oreilles, ça ne sert à rien. _Le port du casque n'empêche pas la commotion._"

Sur le terrain en contrebas, on rigole, on se donne des coups d'épaule "pour de faux" : certains attendent avec impatience l'hiver, car l'éducateur leur a promis qu'après les vacances de Noël, il leur apprendrait à plaquer en toute sécurité.

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