Le quotidien sportif a publié en fin de semaine un classement des "10 patrons du ring". Problème : dans la sélection des meilleurs représentants de la boxe en France, il manque l'un des palmarès les plus fournis. Et c'est une femme qui le détient. Maïva Hamadouche confie sa déception à France Inter.

 Maïva Hamadouche s'est indignée de ne pas voir son nom dans le classement de boxeurs établi par l'Equipe. Ici aux côtés de son promoteur, Brahim Asloum.
Maïva Hamadouche s'est indignée de ne pas voir son nom dans le classement de boxeurs établi par l'Equipe. Ici aux côtés de son promoteur, Brahim Asloum. © Photo fournir par l'entourage de Maïva Hamadouche

Neuf hommes, une femme dans le classement de "l'Équipe" sur les 10 boxeurs français les plus en vue. La boxe féminine n'a trouvé qu'une seule place dans ce "hall of fame" estival qui heurtera les amateurs de boxe. C'est surtout l'absence d'un nom qui fait désordre, celui d'une boxeuse qui écrase tout sur son passage.

Maïva Hamadouche n'y figure pas. Elle a pourtant le plus gros palmarès des boxeuses françaises en activité. Six fois championne du monde IBF (l'une des fédérations mondiales les plus prestigieuses), invaincue depuis 2016 à chacune de ses défenses de titres. Elle est la seule en France à pouvoir envisager la réunification des quatre ceintures mondiales, le Graal pugilistique qui ferait d'elle la championne des championnes dans sa catégorie des super-plumes. Mais cela ne suffit pas pour le quotidien sportif: celle qui est policière dans la vie civile n'a pas été retenue dans sa liste. 

Maïva Hamadouche, surnommée "El veneno" (le poison en espagnol) n'a pas du punch que sur le ring. Sur Twitter aussi. Samedi elle "déplorait" un "manque de professionnalisme" de l'Equipe. Jointe par France Inter, la championne affirme "n'avoir eu aucun retour, aucune explication, aucune excuse de la part du quotidien." Elle reconnait avoir mal pris la publication de ce classement car "c'est injuste, pas correct. On ne reconnaît pas mon travail. Des boxeurs qui ont un palmarès moindre sont  mis en avant" s'indigne Maïva Hamadouche.  

Sollicité dimanche dans l'après-midi, le quotidien "l'Equipe" n'a pas immédiatement répondu à notre sollicitation.

La seule femme retenue par "l'Équipe" est Estelle Mossely. Championne olympique en 2016, femme de Tony Yoka, elle a aussi décroché une ceinture mondiale d'une fédération que le journal qualifie lui-même de mineure. Alors pourquoi ce choix, puisqu'il ne semble pas sportif ? La réponse est peut-être  dans le titre que "l'Équipe" a choisi pour présenter Estelle Mossely ? Elle est présentée comme "reine de l'audimat". Ou comment réduire la performance d'une athlète à sa seule popularité... 

La recherche de la popularité pour sortir de l'anonymat des salles d'entrainement

Ce classement dit beaucoup de choses de ce que doit être le sport féminin. Un exploit accompagné d'une notoriété. L'un ou l'autre ne suffise pas. Il faut les deux. 

Ce qui ne semble pas de mise pour les hommes dans ce classement. Tony Yoka, avec seulement six combats (6 victoires, 0 défaite) et une suspension d'un an pour non présentation à un contrôle antidopage, y figure en première place, sans aucun fait d'arme chez les professionnels. Il a la notoriété, qui date de son titre olympique en 2016, mais pas encore la stature internationale. 

Maïva Hamadouche va mettre en parenthèse sa carrière professionnelle. La boxeuse de 30 ans a rejoint l'équipe de France en vue des jeux Olympiques de Tokyo l'an prochain. C'est avant tout "un gros défi personnel". L'objectif pour elle n'est pas la visibilité que donne ce rendez-vous, c'est la performance. Toujours est-il qu'en cas de médaille, elle pourrait envisager une meilleure exposition, celle-là même dont avait bénéficié le couple Mossely-Yoka revenu chacun avec une médaille d'or de Rio. 

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