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lavillenie © Radio France

Renaud Lavillenie ne sera pas champion du monde. Pas cette fois en tout cas. Hier à Pékin, l’homme le plus haut du monde s’est contenté d’une médaille de bronze. Un butin presque minable pour un chercheur d’or de sa trempe…

A 28 ans, Renaud Lavillenie a déjà tout gagné. Et même parfois plusieurs fois. Tout, sauf un titre de champion du monde en plein air et très clairement, le Clermontois n’avait fait le déplacement à Pékin que pour ce graal : ramener dans sa vitrine le dernier titre qui lui manquait encore ! Sauf qu’à la perche encore plus que dans les autres disciplines athlétiques, la glorieuse incertitude du sport est une réalité. Il y a un mois, au meeting de Londres, Renaud Lavillenie avait survolé le concours : quatre barres tentées, quatre franchies dès le premier essai, la dernière à 6 mètres 03. Une ballade anglaise qui lui avait permis de devancer Shawnacy Barber. Hier la situation s’est inversée et c’est le jeune canadien de 21 ans qui a dominé Lavillenie. A Pékin, le recordman du monde a donc non seulement perdu une occasion de plus de devenir champion du monde, mais il a désormais la certitude qu’il a face à lui un adversaire de plus… et un adversaire qui va durer ! Un gamin roux totalement décomplexé qui va se charger de lui pourrir sa fin de carrière.

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Mais Renaud Lavillenie aime son sport, il aime sauter à la perche et c’est sans doute ce qui va lui permettre de continuer à avancer. Il y a deux mois, à Cheboksary, en Russie, à l’occasion des championnats d’Europe par équipe, le champion olympique avait pris le temps de se poser (ce qui ne lui arrive pas si souvent), de se livrer (ce qui est encore plus rare chez lui) pour nous parler de son amour du saut à la perche. Il s’était même montré choqué (et le mot n’est pas trop fort) par les déclarations de Laure Manaudou en son temps, ou de Florent, son petit frère, plus récemment. Ces deux là ont expliqué qu’ils « n’aimaient pas nager ». Une position indéfendable pour Renaud Lavilllenie, inconcevable et le champion d’expliquer qu’il leur en voulait presque de réussir aussi bien… sans aimer leur sport.

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Parfois critiqué en équipe de France pour son ego soit disant démesuré et son peu d’esprit collectif, Renaud Lavillenie est surtout un incroyable compétiteur et hier, aucun observateur n’a été surpris de le voir refuser d’effectuer un tour d’honneur après son bronze pékinois. « Faire un tour d’honneur pour faire un tour d’honneur ? A quoi bon… Ca n’aurait servi à rien » a-t-il expliqué. Du Renaud Lavillenie tout craché, du champion dans le texte ! Le genre de garçon capable d’installer un sautoir dans le jardin familial et d’y organiser des concours avec son père et son frère. Et devinez qui détient le record de ce meeting auvergnat…

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