Pas une femme au départ du Vendée globe il y a deux ans, six ce dimanche pour la Route du rhum, mais aucune sur les trimarans géants qui pulvérisent les records. En cause, la défiance des sponsors et la difficulté pour ces navigatrices de financer leur périple.

Isabelle Joschke veut faire rêver les petites filles qui pourraient, à leur tour, embrasser des carrières un peu folles et devenir les héritières de Florence Arthaud.
Isabelle Joschke veut faire rêver les petites filles qui pourraient, à leur tour, embrasser des carrières un peu folles et devenir les héritières de Florence Arthaud. © Thierry Martinez

19 novembre 1990, dans la nuit chaude de Guadeloupe, Florence Arthaud, débardeur blanc, chavire de bonheur. Celle qui sera vite baptisée "la petite fiancée de l’Atlantique", celle qu’on refusait d’embarquer dans les années 70, parce qu’elle était une femme, vient de réaliser un exploit unique dans l’histoire de la course au large. 

Florence Arthaud a été une pionnière, comme la Britannique Ellen Mc Arthur qui a remporté la Route du Rhum en 2002 dans la catégorie des monocoques. Et pourtant, des années après, difficile de percer quand on est marin au féminin, déplorent les navigatrices, à l'instar d'Isabelle Autissier, elle aussi ancienne navigatrice professionnelle. "Honnêtement, sur un bateau à voile, je ne vois pas la différence. Ce qui est important, surtout sur un grand bateau, c'est d'avoir la tête bien faite, dans le bon sens. Tout ça, ce sont des choses que les femmes peuvent tout à faire. Je pense que les freins sont plus d'ordre sociologiques : encore aujourd'hui, encore en 2018 en France, on vous demande qui va garder les enfants."

Six femmes seulement au départ, aucune sur trimaran géant

Il y a deux ans, aucune femme n’avait pris le départ du Vendée Globe, le tour du monde en solitaire. Cette année sur la Route du rhum, elles ne seront que six à se lancer, mais aucune sur des trimarans géants, comme celui de Florence Arthaud à l’époque. 

Les sponsors sont trop frileux, estime Alexia Barrier, qui va courir sa première Route du rhum : "Aujourd'hui, il y a peu de femmes qui ont des budgets pour gagner, il faut que ça change. On sera quand même trois ou quatre femmes sur le Vendée globe, par rapport au précédent où il n'y avait aucune femme, et ça c'est la honte ! C'est mieux mais il y a toujours des progrès à faire."

Faire rêver les petites filles

"Coureur au large, un métier d’homme." C’est cette idée là qu’il faut combattre, estime Isabelle Joschke. La navigatrice franco-allemande soutient l’association Horizon mixité : "Il y a peu de femmes qui osent se lancer dans un métier qui est un métier à risque. Nous voulons donner l'exemple à des enfants, à des petites filles, leur donner l'exemple de ce dont elles pourraient peut-être rêver aujourd'hui pour plus tard s'engager elles-mêmes dans des carrières un peu folles".

Des carrières un peu folles pour prendre la légende sur les légendes de la mer. Florence Arthaud a inspiré beaucoup de navigatrices mais n’a pas encore trouvé son héritière.

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