Mère depuis le mois de février, Ninon Guillon-Romarin ne participera aux Jeux Olympiques de Tokyo cet été : la fédération vient de le décider. Son club de Cergy-Pontoise dénonce "une décision patriarcale et pleine d’injustice". Elle avait réalisé les minimas olympiques il y a deux ans.

La perchiste Ninon Guillon-Romarin à Lievin dans le Pas-de-Calais en février 2020.
La perchiste Ninon Guillon-Romarin à Lievin dans le Pas-de-Calais en février 2020. © AFP / Philippe Millereau

La Fédération française d’athlétisme l’avait promis, affirme le club de Cergy-Pontoise (EACPA) : la perchiste Ninon Guillon-Romarin devait pouvoir participer aux Jeux Olympiques (23 juillet - 8 août) après la naissance de son bébé. Finalement, ce ne sera pas le cas. Elle a pourtant réalisé les minimas nécessaires pour aller à Tokyo en 2019. Sauf que depuis, Ninon Guillon-Romarin a eu un bébé, né en février dernier.

Des résultats jugés insuffisants

La perchiste de 26 ans, cinquième des derniers championnats d'Europe en 2018, a repris la compétition le 13 juin, quatre mois après la naissance d’Oscar, son premier enfant. Ninon Guillon-Romarin a passé une barre à 4,05 mètres, très loin de ses performances en 2019 (4,70m), où elle avait alors réalisé les mini-olympiques. La recordwoman de France (4,75 m) a également participé aux championnats de France d'Angers le 26 juin, sans grand succès.

Avant d’apprendre la nouvelle, elle s’était exprimée au Berry Républicain, et expliqué sa volonté de participer aux JO : "Le but, c’est que ça me serve à quelque chose pour la suite de ma carrière. En tant que maman, aller à Tokyo vingt jours alors que mon fils aura cinq mois et demi, je ne vois pas l’intérêt. En tant qu’athlète, il faut que ça me serve. Je veux passer des barres. Je n’ai aucun intérêt à faire les Jeux pour faire trois sauts et partir. J’ai envie d’être compétitive, de pouvoir jouer, de jouer à sauter haut. Je n’ai pas envie de passer trois fois sous la barre à 4,20 m."

Son club s’indigne

Dans un communiqué, le club de Cergy-Pontoise critique "une décision patriarcale et pleine d'injustice. Le comité de sélection a voulu punir cette athlète pour son choix d'avoir voulu être une mère." On peut également lire dans le communiqué : "La Fédération lui a assuré qu'elle participerait aux Jeux et qu'elle pouvait aller au bout de son projet de devenir mère. Seulement, à deux jours de la sortie de la sélection, Florian Rousseau (le directeur de la performance de la FFA) a appelé Ninon pour lui annoncer qu'il revenait sur sa parole, et pour briser son rêve et tous les efforts réalisés depuis l'accouchement."

Le mari de la perchiste, Axel Chapelle, a également donné sa version sur Twitter : "Ils ont dit à Ninon qu'elle pouvait se préparer pour Tokyo, et au dernier moment ils lui ont demandé de sauter aux championnats de France. Donc forcément il manquait quelques semaines de prépa, la prépa étant faite pour Tokyo. Mehdi Baala (directeur de l'équipe de France) et Florian Rousseau ont décidé de na pas la prendre (...) Ils lui ont mise à l'envers."

Face à la polémique, le comité de sélection de la FFA a répliqué à l’AFP : "Le comité de sélection se doit de décider au vu de critères sportifs factuels et assume sa décision au regard de l'état des performances de l'athlète lors des récentes compétitions."