le sélectionneur du xv de france veut se tourner vers l'avenir
le sélectionneur du xv de france veut se tourner vers l'avenir © reuters

par Jean-Paul Couret

PARIS (Reuters) - La victoire sur l'Ecosse a permis à Philippe Saint-André d'échapper à ce qui devenait un cauchemar et de se tourner vers un avenir constitué d'une tournée en juin en Nouvelle-Zélande et d'une réforme des relations entre le XV de France et les clubs.

Après une série de trois défaites (Italie, Galles et Angleterre) et un match nul (Irlande), avec la dernière place du Tournoi pour la première fois depuis 1999 et un bilan personnel de sept victoires, six défaites et deux nuls en 15 matches, l'heure n'était pas à l'autosatisfaction.

"On ne se voile pas la face. On sait qu'on est sixième et dernier du Tournoi des Six Nations et qu'on ne peut pas être heureux et chanter la Marseillaise après un tel résultat dans une compétition aussi magique", a dit le sélectionneur dimanche dans sa conférence de presse de "debriefing" du Tournoi.

Saint-André, qui avait déjà fait savoir au moment le plus difficile de la série noire, avant le match nul de Dublin, qu'il entendait rester en poste jusqu'à la Coupe du monde 2015, ne s'est pas pour autant fait prier pour trouver des satisfactions.

"Le premier motif de satisfaction c'est une victoire, hier. ça fait toujours plaisir de gagner un match", a-t-il dit.

Il a également cité la deuxième mi-temps en Irlande où le XV de France a fait match nul 13-13 après avoir été mené 13-3.

"Dans une période très difficile, où ça a été hyper-compliqué, le groupe est resté ensemble, est resté solidaire, le staff aussi", a-t-il dit.

Autre "chose positive", a-t-il ajouté, "c'est que dans un groupe en formation, qu'on construit, on a eu encore pas mal de nouveaux joueurs qui ont enrichi ce XV de France".

Comme dernier motif de satisfaction, il a cité "le public qui a été exceptionnel".

"Hier (samedi), il y avait des amoureux de rugby, des connaisseurs de ce sport qui savent que (...) quand on construit une équipe avec de nouveaux joueurs ça passe par une période d'apprentissage", a-t-il précisé.

"Ca me réconcilie avec l'état d'esprit rugby".

En Auvergnat matois, Saint-André a ouvert un autre front. Il a dénoncé l'attitude de Clive Woodward, manager du XV d'Angleterre, champion du monde 2003, qui l'a sévèrement critiqué et qu'il a renvoyé à ses propres affaires.

TOURNÉE ET NÉGOCIATIONS

"Il faut savoir que Clive Woodward, via son agent, il y a quatre semaines m'a contacté pour être notre conseiller et être le conseiller du XV de France", a-t-il dit.

"J'ai beaucoup de sympathie pour Clive, c'est quelqu'un qui a apporté beaucoup mais il n'est plus dans le rugby depuis 2003".

Mais le sélectionneur a surtout essayé de se tourner vers l'avenir et notamment vers le prochain rendez-vous du XV de France, en juin, en Nouvelle-Zélande.

"Une tournée en Nouvelle-Zélande, ça doit être la tournée d'une vie. On a la chance d'aller faire trois tests en Nouvelle-Zélande contre les champions du monde plus un match de semaine", a-t-il dit, en confirmant que la sélection serait composée de 35 joueurs, dont "trois ouvreurs" au minimum.

"Ce sera des matches d'une intensité et d'un niveau exceptionnels, on va pouvoir travailler, on va pouvoir continuer à progresser", a-t-il ajouté.

"En plus, on les recevra au mois de novembre comme on va recevoir l'Afrique du Sud et les Tonga. 2013 n'est pas fini, on ne va avoir que des matches d'un très, très haut niveau".

L'avenir de l'équipe de France et la préparation de la Coupe du monde 2015, dont Saint-André a fait son objectif premier, passent aussi par la renégociation de la convention entre la Fédération et la Ligue nationale sur le XV de France.

"On a donné un cahier des charges", a-t-il dit. "On a un président, un comité directeur, des personnes très motivées (ndlr: à la Fédération). J'espère qu'il y aura aussi des personnes à la Ligue qui sont conscientes que le Top 14 est très important mais que le XV de France l'est aussi".

Interrogé sur ses revendications, il a mentionné un contrôle du nombre de matches joués par les internationaux et a réclamé "une vraie intersaison avec peut-être trois semaines de vacances au lieu de quatre mais, après, cinq semaines de développement physique et technique".

"Après, on rêverait d'avoir comme les cinq autres nations du Six Nations 13 jours de préparation avant le premier match", a-t-il conclu. "Est-ce que c'est un rêve, est-ce que c'est utopique, je ne sais pas. On fait confiance aux dirigeants et au rugby français qui vont se rencontrer."

Edité par Julien Prétot

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