Les footballeurs de Martinique ont repris du service après deux semaines d’interruption de toutes compétitions sur l’île : décision radicale qui a fait suite à une série d’incidents sur les terrains, au cours desquels plusieurs arbitres ont été agressés.

Les footballeurs de Martinique de nouveau sur le terrain : ici au Stade Georges-Gratiant du Lamentin
Les footballeurs de Martinique de nouveau sur le terrain : ici au Stade Georges-Gratiant du Lamentin © Radio France / Jérôme Val

En Martinique, les compétitions ont repris leur cours normal le week-end dernier après une série d'échauffourées survenues sur les pelouses. Les instances du football de l'île en ont profité pour prendre plusieurs mesures afin d’endiguer la violence dans ce sport avec l’espoir que la situation s'améliore vite. 

Ce week-end, à l’occasion de la 13eme journée de Régionale 1, le plus haut niveau sur l’île, l’Aiglon du Lamentin était opposé à Monnerot dans son stade Georges-Gratiant. Les Sang et Or, les couleurs du club local, l’ont emporté 2 à 0 devant quelques centaines de spectateurs dans les tribunes.   

"Le football nous manquait. C’est une affaire un peu délicate. Il fallait bien s’arrêter pour repartir de zéro" explique un des supporters de l’Aiglon du Lamentin. Au sifflet pour ce match : un jeune arbitre, Alica Alcindor qui officie  depuis l’âge de 13 ans. "C’est un collègue qui s’est fait agresser, je suis de tout cœur avec lui. J’étais un petit peu stressé au début du match mais sans plus : je n’ai pas eu peur, pas de crainte. Il ne faut pas qu’on lâche ce métier-là. Le football, c’est vraiment un plaisir de venir sur le terrain tous les week-end. Je pense que ça va aller mieux". 

Interruption des matches contre les violences

Que ça aille mieux, c’est aussi le souhait des dirigeants du football de l’île après une série d’incidents en quelques jours le mois dernier : un arbitre promis au plus haut niveau qui arrête sa carrière après une agression, un président de club attaqué, des incidents lors d’un match au François. Il fallait marquer le coup, estiment les dirigeants de l’île. Hugues Parsemain, président du club du Lamentin, explique : 

"Je ne sais pas s’il y a une détérioration du climat autour du football en Martinique mais dans tous nos matches, on a des éclats de voix, sur le terrain des joueurs qui s’énervent. On craint quelquefois que ça n’aille trop loin".

"Comme on dit chez nous", poursuit l'arbitre, "l’eau qu’a dépassé farine : c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Mais dans notre jeu, on a un homme qui fait respecter la loi, c’est l’arbitre". Pendant cette interruption forcée, la ligue de Martinique a pris plusieurs mesures : une meilleure formation des agents de sécurité dans le stade et la désignation d’un magistrat pour traiter des violences dans le football. Georges Duquesnay, premier vice-président de la Ligue de Martinique  : "Cela permettra d’abord un traitement beaucoup plus rapide des incidents sur le plan pénal. On aurait aussi un meilleur accompagnement sur les travaux d’intérêt général que nous pourrions mettre en place en collaboration avec le parquet". Objectif à atteindre : tolérance zéro pour la violence dans le foot martiniquais.

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