L'enquête demandée par le ministère des sports, après le témoignage d'une ancienne gloire du patinage français, aboutit à un rapport accablant. La justice est saisie de faits de violences physiques, verbales, de harcèlement et d'agressions sexuelles. La nouvelle présidente de la fédération des sports de glace réagit.

La justice est saisie de faits d'agressions et de harcèlement dans le milieu du patinage artistique.
La justice est saisie de faits d'agressions et de harcèlement dans le milieu du patinage artistique. © AFP / Anthony WALLACE

Une vingtaine d'entraîneurs sont mis en cause dans un rapport qui vient d'être transmis au ministère de la jeunesse et des sports. Rapport demandé par la ministre à ses services après la publication du livre de l'ancienne patineuse Sarah Abitbol, "Un si long silence", dans lequel elle accuse son ancien entraîneur de viols, dans les années 90, alors qu'elle avait entre 15 et 17 ans.

Le rapport de l'inspection générale est accablant pour la fédération des sports de glace, et c'est tout un système d'omerta qui est dénoncé. Nathalie Péchalat, qui a été championne de danse sur glace, est depuis le mois de mars dernier la nouvelle présidente de cette fédération. Elle a succédé à Didier Gailhaguet avec la lourde charge de rétablir la confiance.

FRANCE INTER : Êtes-vous surprise par l’ampleur des faits ?

NATHALIE PÉCHALAT, présidente de la fédération des sports de glace : "C’est toujours surprenant d'avoir de telles affaires  dans le milieu des sports de glace auquel j'appartiens depuis des dizaines d'années maintenant. En revanche, je ne suis pas surprise puisque ce sont des sujets qui sont évoqués depuis le mois de février. Donc, malheureusement, je commence à être un peu habituée, sachant que nous, on a aussi des lettres du ministère qui tombent régulièrement avec, notamment, les suspensions d'activité des entraîneurs qui se font épingler. Donc au fur et à mesure j’ai les informations qui arrivent au sein de la fédération."

Ces affaires ont éclaté sur la place publique au mois de février avec le témoignage de Sarah Abitbol. Est-ce qu'il y a toujours aujourd’hui des signalements qui vous parviennent ?

"Oui, je n’en suis pas la destinataire directe. Je ne suis pas tenue d’être au courant de tout ça. En revanche, c'est pour ça que j'ai nommé rapidement une 'référente Intégrité' qui elle recueille les fiches de signalements qui ont été mis en place. On a mis en place des outils de communication pour que les clubs, justement, puissent faire remonter des témoignages de témoins ou de victimes et cette 'référente intégrité' est en lien permanent avec la cellule ministérielle pour pouvoir traiter tous les dossiers. Que ce soit les violences morales, physiques ou sexuelles." 

Le rapport fait un certain nombre de recommandations, notamment de mieux encadrer l'hébergement des patineurs mineurs. Qu'est ce qui va changer de ce point de vue-là à la rentrée ? 

"On va être beaucoup plus regardant. On va demander beaucoup plus de garanties sur ces hébergements. Ce qui est plus compliqué, c'est au sein des familles d'accueil, on sait que ça reste un problème. Le contrôle de l'honorabilité des bénévoles, les familles d'accueil en font partie. C’est un dossier qui est en cours avec le ministère des Sports. 

À partir de janvier, on pourra encadrer ceux qui travaillent au sein des terrains sportifs. Dans les familles d'accueil ça risque de prendre un petit peu plus de temps, mais c'est une vraie volonté du ministère. Donc on attend aussi de l'aide de leur part. Nous, on essaye de sensibiliser et de former un maximum de cadres techniques, nos entraîneurs, pour qu'ils puissent avoir le comportement approprié envers les mineurs et mettre tout en place pour pouvoir les protéger, les sécuriser." 

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