La ministre des Sports Roxana Maracineanu présentait ce mercredi le bilan de la mission sur les violences sexuelles dans le sport. Quelque 177 personnes sont mises en cause. Sur ces auteurs présumés, 67 ont d'ores et déjà été interdits d'exercice.

La ministre des Sports, Roxana Maracineanu
La ministre des Sports, Roxana Maracineanu © AFP / Christophe ARCHAMBAULT / POOL

Après les révélations, le travail d'enquête : la ministre des sports Roxana Maracineanu présentait ce mercredi le bilan de la mission lancée par le ministère sur les violences sexuelles dans le sport, mise en place après les témoignages, en décembre dernier, de sportifs et sportives comme la patineuse Sarah Abitbol.

Et les premiers chiffres remontés au ministère font froid dans le dos : 177 personnes sont soupçonnées de violences sexuelles - c'est plus que ce qu'imaginaient les services du ministère. Ce sont bien sûr pour l'instant des suspects, sur la base de témoignages, et un prédateur présumé peut avoir été signalé par plusieurs victimes, rappelle la cellule d'enquête, qui a collecté les témoignages.

98 % des victimes sont mineures

En ce qui concerne les faits, ils sont parfois très récents : 39 personnes mises en causes sur les 177 le sont pour des violences qui datent de l'année dernière.

L'ensemble des signalements font l'objet d'une enquête, mais la difficulté vient aussi du fait que toutes les victimes n'acceptent pas de témoigner. Sur les 177 auteurs présumés, 110 sont des éducateurs sportifs professionnels, qui ont une emprise sur leurs proies : dans 98 % des cas, les victimes sont mineures. Et 78% des victimes identifiées sont des femmes. Il est plus difficile de faire un portrait robot des agresseurs : le ministère ne communique pas sur le sujet tant que la justice n'a pas prouvé la culpabilité ou non du suspect.

Seize personnes mises en cause sont en prison

Aujourd'hui, sur les 177 auteurs présumés, 88 font encore l'objet d'une investigation. La cellule reconnaît un caractère d'urgence lorsqu'un suspect est encore au contact de victimes potentielles : ainsi, 67 interdictions d'exercice ont été prononcées par les préfets à la demande du ministère. Par ailleurs, 27 signalements ont été transférés au procureur de la République, et 16 mis en cause sont actuellement incarcérés.

La cellule d'enquête du ministère des Sports n'a pas pour vocation de se substituer à la justice - elle n'en a de toute façon pas les moyens : pour recueillir les témoignages et protéger les victimes, quatre personnes travaillent à temps plein, et deux autres sont en train d'être recrutées, preuve que l'ampleur de la tâche a dépassé les prévisions initiales du ministère.

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