La Fédération française de rugby et le XV de France n'ont enfreint aucune règle sanitaire, malgré 17 cas de Covid au sein des Bleus. Ce sont les conclusions de l'entretien, ce vendredi matin, entre le Président Bernard Laporte, et le ministère. Mais le protocole va être renforcé pour la fin du Tournoi des Six Nations.

Bernard Laporte, Roxana Maracineanu et Jean-Michel Blanquer à la sortie de leur entretien
Bernard Laporte, Roxana Maracineanu et Jean-Michel Blanquer à la sortie de leur entretien © Radio France / Fanny Lechevestrier

Ni fautes ni sanctions, "personne n'a enfreint le protocole", ce sont les conclusions de l'entretien d'une petite heure, ce vendredi matin, entre Bernard Laporte, le président de la Fédération française de rugby, et les ministres en charge des Sports, Jean-Michel Blanquer et Roxana Maracineanu. Des décisions qui font suite au rapport d'enquête interne de la Fédération pour expliquer le foyer épidémique survenu ces deux dernières semaines au sein du XV de France, entraînant le report de France/Ecosse le 28 février dernier. Pour aller au bout du Tournoi des Six Nations dans les meilleures conditions, Fédération et ministère se sont toutefois mis d'accord pour durcir le protocole en vigueur à Marcoussis. Jusqu'à la fin de la compétition, place à "ceinture, bretelles" pour reprendre l'expression du ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports.

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"On n'est jamais trop vigilant" souligne Jean-Michel Blanquer

Membres du ministère et de la Fédération avaient dès jeudi discuté des évolutions à apporter au protocole sanitaire des Bleus. Tout est donc allé très vite ce vendredi matin : 40 minutes d'entretien courtois mais viril et une séance de questions-réponses avec une dizaine de journalistes, dans la cour du ministère de l'Education nationale. C'est Bernard Laporte en tête, large masque FF2P sur le visage, qui a pris la parole le premier pour revenir sur l'enquête interne menée par la Fédération et souligner qu'aucune faute n'avait été retenue à l'encontre du XV de France. 

"Personne n'a enfreint le protocole, y compris Fabien Galthié, que les choses soient claires", a attaqué d'entrée l'ancien secrétaire d'État aux sports, avant de recevoir, publiquement, un soutien massif du ministre Jean-Michel Blanquer : "concrètement, ce qui est important, c'est de voir que le protocole sanitaire a été respecté (…), je n'utiliserai pas non plus le terme d'imprudences. Encore une fois, dans nos vies quotidiennes à tous, il y a le risque d'attraper le virus, le risque zéro n'existe pas et je crois que le protocole a été bien élaboré, que les médecins ont bien travaillé, mais on n'en fait jamais trop, on n'est jamais trop vigilant. Quand on fait l'analyse a posteriori de la situation, on s'aperçoit que l'on peut toujours mieux resserrer les mailles".

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Raphael Ibanez, gardien du temple bleu

Resserrer les mailles, voilà pourquoi officiellement le protocole va être renforcé pour les trois derniers matchs des Bleus, dans le Tournoi des Six Nations. Désormais, c'est "ceinture - bretelles", comme l'explique le ministre de l'Éducation nationale, de la jeunesse et des Sports Jean-Michel Blanquer : "on doit faire attention à ce qui se passe dans la vie quotidienne. D'où l'importance, notamment dans le sport de haut niveau, d'avoir des personnes qui veillent à cela au quotidien. Maintenant, on a Raphaël Ibanez (actuel manager général du XV de France) qui va s’y consacrer, plus un cadre d’État désigné par le directeur technique national. Donc si j’ose dire, c’est ceinture et bretelles. On essaye de vraiment sécuriser au maximum la suite." 

Place donc désormais à une vraie bulle sanitaire autour du XV de France, de ses 31 joueurs et membres du staff. Ce qui n'était pas le cas jusqu'à maintenant, a reconnu le président de la Fédération française de rugby, conscient que l'image des Bleus en a pris un coup ces dix derniers jours : "c'est vrai que même si les Bleus respectent le protocole, c'est à dire le masque, la distanciation sociale... en terme d'image, ce n'est pas bon ! Il faut dire les choses comme elles sont. Donc les ministres nous ont dit 'on va mettre en plus de Raphael Ibanez, un cadre d'État nommé par le directeur technique national Didier Retière qui vont faire appliquer ces mesures'. Encore une fois, on fait une véritable bulle. _Il faut, en terme d'image, que l'on soit exemplaire, encore plus qu'on ne l'a été_. C'est aussi simple que cela". 

Conséquence : finis les bons de sortie pour les trois prochaines semaines, même pour aller manger une gaufre romaine. Toutes les allées et venues des Bleus vont être scrupuleusement surveillées avec Raphael Ibanez, le manageur des Bleus, érigé en gardien du temple, et accompagné d'un cadre d'État qui va vivre dès dimanche 24h/24, 7 j/7 à Marcoussis, avec le XV de France, pour contrôler les mesures prises et les expliquer à nouveau aussi si besoin.

En espérant que maintenant, le sport va enfin pouvoir reprendre toute sa place. Une liste de 31 joueurs doit être communiquée ce week-end par le sélectionneur Fabien Galthié. Tous sont attendus pour les retrouvailles, dimanche, au centre d'entraînement national de Marcoussis, pour préparer le prochain match du XV de France, Angleterre-France, samedi 13 mars, à Twickenham.