Yannick Bestaven a été désigné vainqueur du Vendée Globe après un périple de 80 jours en mer.

Yannick Bestaven à l'arrivée du Vendée Globe
Yannick Bestaven à l'arrivée du Vendée Globe © AFP / Sébastien Salom-Gomis

La neuvième édition de la course autour du monde en solitaire s'est jouée dans les toutes dernières heures, dans un scénario inédit. Cinquième, puis troisième puis premier en l'espace de quelques heures : Yannick Bestaven a vécu une fin de course de folie pour remporter le Vendée Globe 2020, jeudi dans la nuit noire des Sables d'Olonne, après 80 jours en mer.  

Si ces derniers jours, il était rassuré sur son positionnement à l'issue de la course, rien n'a été joué pour la victoire finale jusqu'à la dernière minute. 

"Le podium j’étais assez sûr de moi, à la fin, mais tant qu’on n’a pas coupé la ligne d’arrivée on n’a jamais gagné".

Tout a démarré mercredi à 20h35 quand Charlie Dalin (Apivia) a franchi le premier la ligne d'arrivée au large des Sables d'Olonne. Le marin normand, qui a occupé la tête du classement durant près des deux tiers du parcours, n'a pourtant pas été désigné vainqueur. Car Yannick Bestaven, arrivé 07 heures, 53 minutes et 59 secondes après lui, bénéficiait de 10 heures et 15 minutes de compensation pour avoir participé au sauvetage de Kevin Escoffier le 30 novembre.  Et l'Allemand Boris Herrmann (SeaExplorer-Yacht Club de Monaco), qui pouvait accrocher la victoire car il bénéficiait lui aussi d'une compensation pour ce sauvetage, est entré en collision avec un bateau de pêche, à 160 km de la ligne. C'en était fini pour lui. 

En direct sur France Inter dès l'arrivée, Yannick Bestaven a l'air presque sonné, car 

"ça fait bizarre de toucher terre, ça va bien, je suis en pleine forme, j'ai l’impression de vivre un rêve éveillé."

Son premier geste a été pour Charlie Dalin, "j’ai pu serrer la main à Charlie, je lui ai dit 'dans 4 ans ce sera la tienne'."

Le vainqueur salue le fair play de Charlie Dalin, "il a été très sportif, en bon fair play qu’il est, il comprend tout à fait."

Son souvenir le plus marquant de cette course de quatre-vingts jours, "c'est le passage du Cap Horn, le passer en tête c’était une première victoire."

Bestaven conclut : "Je vais partager tout ça avec mes proches, bien manger et boire une bonne bière !"

Le 8 novembre, il s'était lancé pour la deuxième fois dans le tour du monde en solitaire. Son expérience d'il y a douze ans, avec un abandon dès le début, lui avait laissé de douloureux souvenirs. Au lendemain du départ, il avait démâté dans le golfe de Gascogne et avait dû abandonner après trente heures de course. Un triste record.

En 2008, il avait décidé d'équiper son voilier d'un système de sa création, un appareil produisant l'électricité nécessaire au bon fonctionnement du bateau. Depuis, cet hydrogénérateur équipe tous les bateaux de la flotte du Vendée Globe. C'est donc une double revanche douze ans plus tard qu'il remporte aujourd'hui.

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