INFO FRANCE INTER - Une infirmière, qui travaillait depuis janvier au centre de vaccination anti COVID de l'Hôpital Saint-Anne à Paris, a été suspendue. Elle est soupçonnée par sa direction d'avoir "établi des certificats vaccinaux à des individus n'ayant pas reçu d'injections".

Une attestation de vaccination COVID 19
Une attestation de vaccination COVID 19 © AFP / Léo Pierre / Hans Lucas

"C'est le brusque changement de comportement d'une personne travaillant au centre de vaccination" qui a éveillé les soupçons, précise la direction du GHU Paris, le Groupement Hospitalier Universitaire de Paris qui regroupe plusieurs hôpitaux, dont Saint-Anne. Une infirmière, venue en renfort dès janvier en tant que vacataire au sein du centre de vaccination, aurait soudainement pris des rendez-vous au mois de mai avec des personnes dont elle voulait absolument s'occuper elle-même. Elle est soupçonnée d'avoir "inscrit ces personnes à des rendez-vous" et d'avoir ensuite "simulé, avec la complicité des intéressés, l'administration du vaccin" puis d'avoir délivré de faux passeports vaccinaux.

Une infirmière vacataire soupçonnée de trafic de QR Codes

"Moi, je l'ai observée pendant deux ou trois semaines", raconte un membre du personnel, qui a souhaité rester anonyme. "Elle disait aux autres infirmières : 'C'est pour moi... il y a des gens qui vont arriver, c'est pour moi!'. Elle les faisait venir dans son box. Normalement il y a deux infirmières par box avec un paravent de séparation pour l'intimité des personnes. Mais là, elle demandait à sa collègue de sortir. Elle faisait ça avec au moins une dizaine de personnes par journée travaillée. En fait, elle ne vaccinait pas les gens, mais elle se faisait payer pour qu'ils repartent avec un QR Code frauduleux, à priori pour pouvoir partir à l'étranger". Cette infirmière recevait-elle effectivement de l'argent ? Pourquoi ces personnes avaient-elles besoin d'un faux certificat de vaccination ? La direction dit ne pas le savoir. 

Elle a été prise en flagrant délit... ça a été un choc !

Certains membres de l'équipe, qui n'étaient sûrs de rien mais qui commençaient à discuter entre eux de cette "situation bizarre", prennent contact avec leurs cadres il y a une dizaine de jours. Les deux chefs de service sont informés et mercredi dernier, quand l'infirmière demande à se charger personnellement d'un couple en faisant sortir, une nouvelle fois, sa collègue, un médecin est alerté et intervient. "Normalement, on désinfecte la peau des personnes à vacciner avec un produit orange. Le médecin a voulu vérifier si les personnes avaient bien été vaccinées et il n'y avait aucune trace de désinfectant : ni colorant, ni pansement. Elle a été prise en flagrant délit. Ça a été un choc.... Et ça pose un problème de santé publique parce que les personnes qui ont obtenu un faux certificat de vaccination courent un risque... et elles font courir un risque aux autres". 

L'infirmière travaillait depuis janvier au Centre de vaccination anti COVID de l'Hôpital Saint-Anne à Paris. Elle aurait simulé l'administration de vaccin
L'infirmière travaillait depuis janvier au Centre de vaccination anti COVID de l'Hôpital Saint-Anne à Paris. Elle aurait simulé l'administration de vaccin © AFP / Humbert / BSIP

Un signalement effectué auprès du procureur de la République

La direction du GHU Paris estime que le cas de cette infirmière, dont le contrat de vacation a été suspendu, "semble isolé"... même si une secrétaire en intérim "potentiellement impliquée" a vu son contrat s'interrompre également subitement. "Les agissements de l'individu concerné ont été repérés rapidement et une fois les éléments de preuve nécessaires réunis, un terme y a été mis en l'espace de 24h" ajoute le  GHU. Certains membres du personnel dénoncent tout de même des dysfonctionnements, une prise de conscience trop tardive et regrettent de n'avoir pas été réunis depuis les faits pour "parler et envisager la suite". Un signalement a été effectué auprès du procureur de la République, auprès de l'ordre infirmier et de l'ARS.