Depuis 2009, la vente de tabac aux mineurs de moins de 18 ans est interdite en France. Mais dix ans après, la loi n'est pas du tout appliquée. C'est le constat du Comité national contre le tabagisme qui demande une application du texte beaucoup plus stricte.

 Malgré un recul ces dernières années, près de 20% des lycéens disent encore fumer quotidiennement en France
Malgré un recul ces dernières années, près de 20% des lycéens disent encore fumer quotidiennement en France © Getty

La loi "hopital, patients, santé, territoires" interdit, depuis 2009, la vente de tabac aux mineurs de moins de 18 ans. Elle prévoit l'obligation pour le buraliste d'afficher cette interdiction, d'exiger une pièce d'identité, et de refuser la vente s'il n'a pas la preuve que l'acheteur est majeur. Une contravention (jusqu'à 750 euros) est prévue en cas de non respect de la loi ; l'idée étant d'empêcher l'entrée des plus jeunes dans le tabagisme. 

Aujourd'hui pourtant, la législation reste très inappliquée constate le Comité national contre le tabagisme, qui s'en désole et qui propose une série de recommandations pour changer la donne.

Nous avons fait le test... 

Pénélope, lycéenne de 16 ans et fumeuse occasionnelle s'achète un paquet de temps en temps chez le buraliste. Elle fait jeune et on ne peut pas imaginer qu'elle soit majeure. Pourtant, dit-elle, "j'ai beau aller régulièrement chez des buralistes variés, jamais on ne m'a demandé mes papiers ni quel âge j'avais. On me donne le paquet sans poser de questions".

Le constat dressé par le CNCT est en effet accablant : plus de 40% des buralistes n'affichent pas en magasin que la vente de tabac est interdite aux mineurs, et moins de 20% contrôlent la carte d'identité de leurs clients. Pourtant on le sait, la première cigarette est fumée en général vers 13/14 ans, et les deux-tiers des jeunes qui tentent "pour voir" deviendront des consommateurs quotidiens une partie de leur vie.

Au Québec, les fumeurs doivent présenter une carte avec leur date de naissance

Alors, comment faire pour éviter ce portail d'entrée dans le tabagisme ? S'inspirer de ce qui se fait ailleurs, là où ça marche ! Au Québec notamment, ou le contrôle est devenu drastique explique le professeur de pneumologie Yves Martinet, président du Comité national contre le tabagisme: "Les consommateurs, là-bas, doivent être porteurs d'une carte qui indique leur date de naissance, cette carte est scannée systématiquement par le "dépanneur", c'est comme ça qu'on appelle le buraliste au Québec. Si le voyant est vert, on donne les cigarettes, s'il est rouge, la vente est interdite !" 

Une piste recommandée en France : le Comité national contre le tabagisme préconise également une meilleure information des buralistes mais aussi des contrôles plus fréquents associés à des sanctions plus contraignantes, comme la fermeture administrative momentanée du bureau de tabac en cas de récidive.

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