Plus de trois mois après l'adoption définitive de la "taxe Gafa", l'un des géants du web met ses menaces à exécution. Amazon a décidé de répercuter le montant de cette taxe en plus de la marge de 15%, déjà prise aux commerçants.

Un centre de distribution du géant Amazon en Allemagne.
Un centre de distribution du géant Amazon en Allemagne. © AFP / Martin SCHUTT

Plus de trois mois après l'adoption définitive par la France, le 11 juillet dernier, de la taxe dite "taxe Gafa", qui prévoit de ponctionner de 3 % le chiffre d'affaire des géants mondiaux du numérique, Amazon réplique. L'entreprise mondiale annonce une répercussion du même montant sur les tarifs appliqués aux vendeurs de sa plateforme en France.

À partir de mardi 1er octobre, les entreprises qui commercialisent par le biais d'Amazon et qui pour certaines en sont même devenues dépendantes, vont devoir laisser une commission un peu plus importante au géant du web. Au total, ce sont à peu près 10 000 petites ou moyennes entreprises (PME) présentes sur cette plateforme qui seront touchées et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elles n'apprécient pas cette décision unilatérale.

Dépendance à Amazon

"J'ai tous les mails de nos adhérents sous les yeux", confie à France Inter, Xavier Douais, président de la section commerce de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). 

Mais vous aurez du mal à trouver des témoignages, ils ont peur des mesures de rétorsion. 

"On a beaucoup de retour de commerçants qui ont confié une partie du développement de leur structure à une plateforme, en l’occurrence Amazon. Aujourd’hui ils sont pieds et poings liés avec ces gens, donc ils sont dans un désarroi important", souligne Xavier Douais.

Les commissions augmentées de 3 %

Jusqu'à présent, sur un produit à 100 euros, Amazon en gardait en moyenne 15 euros. Désormais, la plateforme va s'octroyer 3 % de plus, soit en moyenne 15,45 % et ce, sans négociation possible.

"On peut analyser cela comme une provocation dans la mesure où ils nous l'écrivent clairement : on nous impose une taxe alors on vous l’impose également. 3% de la marge c’est quelque chose de très important pour les commerçants", analyse encore Xavier Douais. 

Dans un communiqué, Amazon affirme que dans ce secteur du commerce de détail très concurrentiel et à faible marge, l'entreprise "n'est pas en mesure d'absorber cette taxe supplémentaire". Et pour se défausser explique que "malheureusement, elle ne s'attendait pas à ce que nombre de ces entreprises soient en conséquence contraintes à répercuter cette taxe sur les consommateurs", ce qui va, de fait, entraîner une hausse des prix.

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