La rentrée des entreprises se fera sous le signe des masques et du télétravail, alors que le nombre de malades infectés par la Covid-19 repart à la hausse depuis quelques semaines.

Protocole sanitaire. Illustration d'un bureau "condamné" au siège d'Allianz Partners à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis)
Protocole sanitaire. Illustration d'un bureau "condamné" au siège d'Allianz Partners à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) © Radio France / Hajera Mohammad

Au siège d'Allianz Partners, leader mondial de l'assistance et de l'assurance voyage, basé à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), 800 salariés sont présents en temps normal, comprenez à l'époque où le coronavirus n'existait pas. À partir de ce lundi 31 août, la moitié d'entre eux seulement seront présents physiquement. L'autre moitié travaillera à domicile pendant une semaine et puis tout le monde échangera la semaine suivante.

Télétravail une semaine sur deux

Un télétravail à 50/50, en alternance, qui a demandé quelques efforts à la direction. "Nous avons fourni 700 ordinateurs portables, des téléphones mobiles pour certains aussi, des clés de sécurité pour que les salariés accèdent au portail internet", détaille Christian Bottin, directeur des ressources humaines d'Allianz Partners France. La société distribue aussi trois masques par jour à chaque salarié présent sur le site (cinq pour ceux qui prennent les transports en commun) et du gel hydroalcoolique. La facture avoisine les 700.000 euros depuis le début de l'été. Mais impossible de faire autrement, dans une entreprise censée pouvoir répondre 24h/24h et 7/7 jours aux assurés pour les conseiller et les dépanner en urgence.

Les salariés doivent "pointer"

Corinne, assistante de direction, était déjà en "nomadisme" en début d'année. Elle travaillait une fois par semaine de chez elle, mais avec le confinement et le télétravail à 100%, elle y a définitivement pris goût et ce travail à distance une semaine sur deux, lui convient très bien : "Je suis ravie parce que ça m'évite deux heures et demie de transports par jour. Ce qui est bien aussi, c'est qu'on revient sur le site, on revoit les collègues, on n'est pas coupé du monde". À la maison, les règles restent les mêmes, les salariés doivent "pointer" avec un badge virtuel sur leur ordinateur au moment de leur prise de poste et quand ils reviennent de leur pause déjeuner, une pause pour laquelle ils reçoivent toujours des tickets restaurant.

Garder le contact avec les équipes

Pourtant d'autres employés ont mal vécu ce télétravail pendant le confinement. Sandrine, chargée d'assistance, a eu du mal à gérer l'éloignement avec les managers : "On échangeait parfois par téléphone ou par écrit, mais ce n'est pas la même chose qu'un échange en direct". Puis, elle avait l'impression que la réponse au client n'était plus aussi immédiate. Alors, la jeune femme a demandé et obtenu une dérogation pour pouvoir venir travailler tous les jours sur le site, à condition de respecter toutes les mesures sanitaires, notamment le port du masque obligatoire dans toutes les parties de l'entreprise, y compris à son poste, dès le 1er septembre.

Christian Bottin, le DRH, affirme que la consigne a été passée auprès des chefs d'équipes : rester en contact avec les salariés régulièrement. "Une semaine, ça va très vite et on peut oublier très vite aussi que dans vos équipes, vous avez quelqu'un qui a besoin de vous. Donc on a demandé aux managers d'appeler leurs collaborateurs, tous les deux ou trois jours, pour voir si tout va bien". 

24% des clusters sont situés en entreprise

Si Allianz Partners avait déjà lancé le télétravail, il y a plusieurs années, mais à petite échelle, cette crise sanitaire "a sans doute permis au management de prendre conscience que le télétravail, de manière large, était gérable, même si ça demande quelques ajustements", selon Christian Bottin. "Ce serait difficile de revenir en arrière", conclut-il. 

Selon les derniers chiffres de Santé Publique France, 24% des "clusters", foyers de contamination, sont situés en entreprises. Pour la ministre du Travail, Elisabeth Borne, le télétravail "reste recommandé" notamment dans "les zones de circulation active du virus". Les syndicats, eux, attendent qu'une négociation s'ouvre sur ce sujet avec le patronat.

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