Les tests salivaires dans les écoles, présentés comme l'ultime recours pour ne pas fermer les établissements scolaires, peinent à démarrer. Mardi, sur France Inter, le ministre de l'Education nationale avançait plusieurs chiffres. Nous les avons vérifiés.

Jean-Michel Blanquer dans le studio de France Inter
Jean-Michel Blanquer dans le studio de France Inter © Radio France

Jean-Michel Blanquer annonçait mardi, sur France Inter, le recrutement de 1 700 médiateurs pour faciliter l'organisation des prélèvements, car les écoles manquent de personnels pour effectuer ce dépistage. Les tests ont commencé la semaine dernière dans la zone A. Le ministre avance des chiffres mais qu'en est-il exactement ? 

50 000, 10 000 ou 3 000 tests ?

Le ministre a-t-il du mal à faire les comptes ? Ou joue-t-il sur les mots ? En tous cas, les chiffres se dégonflent au fil des heures. Lundi 1er mars, Jean-Michel Blanquer annonçait que 50 000 tests salivaires avaient été mis à disposition des écoles la semaine dernière, dans la zone A. Mardi 2 mars, à 8h20 sur France Inter, il reconnaissait qu'on était "en-dessous de 10 000 réalisés". Quelques heures plus tard, vers 11h, lors d'une réunion avec les organisations syndicales, son cabinet parlait de 3 000 tests seulement, ce qui correspond à une dizaine d'écoles dans les huit académies qui avaient repris après les vacances.

Ces derniers temps, le ministre insiste sur le déploiement de ce dépistage. Pas une déclaration sans les évoquer. 

Mi-mars ou fin mars ? 

Jean-Michel Blanquer promet 300 000 tests par semaine pour la mi-mars c'est-à-dire dans moins de 2 semaines, malgré les difficultés d'organisation sur le terrain. Les infirmières et médecins de l'Éducation nationale sont déjà accaparés par la mise en place des tests antigéniques dans les collèges et lycées. Les tests salivaires nécessitent une organisation plus lourde avec l'envoi des échantillons de salive aux laboratoires, la prise en compte de la carte vitale des parents de l'enfant. Les écoles n'ont pas les personnels suffisants. Le ministre a ainsi annoncé que des médiateurs viendraient en renfort pour ces tâches.

Mais son cabinet a rectifié le calendrier auprès des syndicats et prévoit plutôt 300 000 tests à la fin du mois de mars, le temps que l'organisation trouve son rythme de croisière.

Le précédent des tests antigéniques

L'emballement pour ces tests salivaires rappelle celui pour les tests antigéniques : un million de tests annoncés en novembre dernier, alors que finalement 10 000 avaient été réalisés à la veille des vacances de Noël, soit 1% ! Il faut en effet distinguer les tests disponibles et les tests réellement passés par les élèves ou les personnels. Une question de vocabulaire qui entretient le flou dans la communication ministérielle.

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