Israël Horovitz est américain. C'est l'un des auteurs les plus joués à New York, notamment par Al Pacino ou Richard Dreyfuss, Diane Keaton... En France, on monte surtout "le baiser de la veuve", et depuis peu, ses pièces sur le 11 septembre. Elles sont jouées dans le off. Vu "Trois semaines après le paradis", au théâtre du petit Louvre, rue St Agricole, dans une mise en scène de Ladislas Chollat. L'acteur Daniel San Pedro est seul en scène. Il est un père qui vit un supplice le 11 septembre 2001 : non seulement les tours s'effondrent, mais à ce moment là, son fils est à l'école à quelques mètres du lieu de l'attentat. Que se passe t-il dans sa tête? En plus d'un épisode personnel qui l'amène à l'introspection, la pièce livre la réflexion de cet intellectuel adepte du footing (on le voit courir à Avignon avec la troupe, sur les bords de la Barthelasse!) sur l'Amérique agressée et agressive. Belle mise en scène, peut-être un peu trop sobre, à moins que le texte ne bride un peu cette émotion? L'acteur Daniel San Pedro, yeux noirs, belle gueule, corps tendu, a beaucoup de présence, mais l'émotion fait un peu défaut. Il devrait davantage la laisser s'exprimer sur scène. Lors d'un entretien sur France Culture, avec Joëlle Gayot, Israël Horovitz a eu cette phrase en français mal maîtrisé, ce qui donne de la poésie à ces propos : "Les artistes sont nés dans les enfants qui souffrent". On retiendra aussi dans sa pièce, publiée à l'avant-scène théâtre :"Ecrire, c'est peut-être un moyen de contrôler la vie, de la ralentir suffisamment pour pouvoir la regarder, lui donner forme, la comprendre. Laissons les fins heureuses à Molière. La vraie vie finit en désastre".

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