Un spectacle de Macha Makeïeff - adaptation Macha Makeïeff et Elias Sanbar

Avec : Atmen Kelif Ali BabaPhilippe Arestan Musicien ambulant, un voleurBraulio Bandeira Abdullah, le barbier, un voleurPhilippe Borecek Musicien ambulant, un touristeRomuald Bruneau Voleur acrobatiqueSahar Dehghan Morgiane, SchéhérazadeAïssa Mallouk Aziz Baba fils d’Ali, un voleurCanaan Marguerite Zulma la femme de Qâssim, un voleurThomas Morris Qâssim Baba frère d’Ali, Frère Zlubia le savetier, un voleur, ReinetteShahrokh Moshkin Ghalam Youssouf le chef des VoleursAurélien Mussard Voleur acrobatique

Ali est l’Idiot magnifique, devenu riche par un fantasque coup du Sort.Dans un Orient des quartiers prosaïques et merveilleux, la vie de tous les jours est un conte cruel et drôle, entre désirs, charmes et malédictions.

Ali et les bruits du monde par Macha Makeïeff

Le conte m’intéresse, ce mode de récit où tout est possible : le merveilleux, l’horreur, le prodige, le plaisir et l’épreuve. Il est le lieu des révélations de nos âmes. Me plaît de mettre sur scène l’effervescence et l’improbable, de jouer avec la plasticité de la morale, de l’étirer jusqu’à la transe, la joie ou le meurtre.Aux innocents les mains pleines !Car sous couvert d’une histoire à raconter, de rebondissements, de coups du Sort et autres surprises amoureuses, Ali Baba libère les désirs enfouis et exaspère nos terreurs. Dans cet Orient imaginaire, on accepte de ne rien savoir ni comprendre de son propre destin et la mort y est une anecdote. La fable orientaliste est un geste poétique en dehors du temps et aussi le miroir fantasque de l’état de nos coeurs. Je revendique alors le mélange des temps, l’anachronisme naturel et souhaité pour parler du stable et de l’instable, de l’imprévisible, et surtout la fantaisie totale pour dire la part du bonheur et du malheur.

Alï Baba
Alï Baba © Brigitte Enguerand
Monter Ali Baba à Marseille a la résonnance singulière, chaleureuse, pasolinienne, d’une appartenance vraie. Petite Shéhérazade des quartiers Nord, amoureux de la poésie persane, expert de Mishima, de Borgès, beaux gosses de Noailles, de tous et de chacun L’Affaire Ali est connue. Ali Baba est un personnage familier, un cousin, un voisin, une vieille connaissance.L’histoire d’Ali, figure de l’Idiot magnifique qui traverse toutes les littératures, est celle de la destinée inouïe d’un brave gars sans histoire, ramasseur de métaux, devenu riche, si riche par le caprice du sort et la fantaisie d’un auteur.**Est-ce que le trésor tombé là va enchanter sa vie ?Est-ce que la richesse enchante l’existence ?** ### **Alf layla wa-layla - Les Mille et Une Nuits ou l’histoire infinie d’une transmission.** Il est raconté dans les traditions et légendes qu’une nuit parmi les nuits, dans un lointain Orient, — or cette nuit-là était la nuit du Destin, Shéhérazade aux yeux de pharaonne, liseuse des Astres, dit à l’oreille du très cruel et tourmenté roi Schariar, pour ne pas perdre la vie d’une façon violente, une histoire envoûtante qui depuis s’est répandue dans le monde entier… Il m’est revenu, Ô Roi fortuné, qu’il y avait en les années d’il y a très longtemps et les jours du passé reculé et depuis des âges abolis, dans une ville d’entre les villes de la Perse, deux frères dont l’un se nommait Qâssim et l’autre Ali Baba…(extrait de l’adaptation de Macha Makeïeff et Elias Sanbar)
Alï Baba
Alï Baba © Brigitte Enguerand
Du Caire à Bagdad, de l’Inde à la Chine, des îles mystérieuses à des rivages inconnus, les contes des Mille et Une Nuits n’ont jamais cessé de faire rêver, au-delà des temps et des frontières. Les zones d’ombre sont nombreuses sur la transmission des Nuits et les débats infinis sur l’appartenance du recueil aux traditions orales ou écrites. Il existe aujourd’hui une centaine de manuscrits qui diffèrent par le choix, l’ordre et le nombre de contes, et par la diversité des influences. Le plus ancien manuscrit date du IXe siècle et on observe ensuite une absence totale de traces manuscrites entre le Xe et le XVe siècle, si ce n’est à travers des citations ou des témoignages indirects.Tous présentent cependant la particularité de s’organiser selon la technique de l’enchâssement, héritage de la tradition indienne et persane légué à la culture arabe.Texte multiple et protéiforme, les Nuits s’ouvrent à la culture occidentale grâce à Antoine Galland, employé à la Bibliothèque du Roi puis Lecteur de Louis XIV pour les langues orientales. Celui-ci fait venir de Syrie un manuscrit du XVe siècle. Sa traduction qui paraît de 1704 à 1717 connaît un engouement immédiat en France, en Europe et en Amérique, où il est à son tour traduit en de nombreuses langues. Grâce aux récits de son ami d’Alep, le maronite Antun Yusuf Hannâ Diyâb, il y intègre des « contes orphelins » comme Aladin ou Ali Baba dont on ne trouve aucune trace dans les manuscrits arabes antérieurs. La traduction de Mardrus à l’aube du XXe siècle déclenche un nouvel enthousiasme jamais démenti dès lors, irriguant les milieux artistiques les plus avant-gardistes aux cultures de masse des XXe et XXIe siècle.De conteur en conteur, de scribe en scribe, de traducteur en traducteur, les Nuits n’ont cessé de s’inventer et se recomposer, se développer et se transformer jusqu’à nos jours.
Alï Baba
Alï Baba © Brigitte Enguerand
### **La tournée** 20 au 28 décembre au Théâtre national de Chaillot, Paris**2014** 7 janvier au 12 janvier à La Criée, Théâtre National de Marseille31 janvier et 1er février au Théâtre Saint-Louis, Cholet20 et 21 février à la Comédie de Reims13 et 14 mars au Parvis Scène nationale de Tarbes13 au 15 mai à l’Espal Théâtre, scène conventionnée, Le Mans28 au 31 mai au Théâtre national de Nice
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