Opéra comique en 3 actes et 8 tableauxLivret d’Albert Vanloo et William Busnac h.Direction musicale Jean-Pierre Haeck Mise en scène Arnaud Meunier avec Sophie Marin-Degor / Judith Fa, Christianne Bélanger, Tassis Christoyannis, Philippe Talbot, François Rougier, Mark van Arsdale, Vianney Guyonnet, Thierry Vu Huu Chœur, accentus / Opéra de Rouen Haute Normandie Orchestre, Opéra de Rouen Haute Normandie

Lancé par Offenbach aux Bouffes-Parisiens, Charles Lecocq accorda au genre qu’Offenbach avait développé un soin qui l’éleva au niveau de l’opéra-comique, ceci alors que la Salle Favart se consacrait au drame nouveau et à des ambitions plus littéraires. Actif entre Bruxelles et Paris, les deux capitales de l’art lyrique français, Lecocq put diffuser son art dans toute l’Europe. Avec ce virtuose de l’opérette, la fantaisie se conjugue au raffinement dans un équilibre que lui enviaient ses amis Bizet, Saint-Saëns et Chabrier.La fantaisie du conte et de l’orient se déploie dans cette libre adaptation des Mille et Une Nuits où toute une palette de personnages composent à grand renfort de quiproquos des scènes tour à tour comiques et éminemment lyriques.

La source du livret

Après Cherubini en 1833, Vanloo et Busnach reprennent l’Histoire d’Ali-Baba et de quarante voleurs exterminés par une esclave, un conte des Mille et une nuits narré par Shéhérazade au roi Shahryar pendant la 851e nuit.Selon la légende, ce recueil de contes anonyme aurait été imaginé par la princesse Shéhérazade, décidée à échapper à la mort à laquelle le sultan Shahryar l’avait condamnée. Depuis qu’il avait été trompé par sa première épouse qu’il avait fait exécuter, le sultan se remariait chaque jour après avoir dérobé la vie, au petit matin, à la nouvelle élue. Il s’assurait ainsi la fidélité de ses conquêtes.L’une d’elles, la princesse Shéhérazade, plus rusée, avait imaginé raconter au sultan, chaque soir, un conte dont elle remettait la fin au lendemain. Elle repoussait ainsi son trépas de jour en jour. Après mille et une nuits, elle obtint la grâce du sultan.Témoin de la civilisation musulmane du Moyen Âge, le recueil est traduit à la fin du 17e siècle par l’orientaliste Antoine Galland (1646-1715). Son travail révèle au lectorat français des contes d’une totale fantasmagorie. C’est cette traduction qui est exploitée dans Ali-Baba.Si la trame générale de l’histoire est conservée, les deux librettistes prennent quelques libertés avec le conte d’origine.

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Maquette © Damien Caille Perret

Acte I

Dans les magasins de Cassim, Saladin, premier commis, fait la cour à Morgiane, l’esclave d’Ali-Baba. Malgré toutes les preuves d’amour avancées par son prétendant, la jeune fille se montre inflexible.La discussion est interrompue par une dispute entre Cassim et son épouse Zobéïde. Le commerçant s’impatiente que son cousin Ali-Baba ne lui ait toujours pas remboursé ses dettes. Il lui annonce que faute d’être payé, il fera saisir ses biens.Désespéré, le pauvre Ali-Baba retourne à son activité de bûcheron. Il envisage de se suicider mais Morgiane survient juste à temps pour l’en dissuader. Elle se remémore le moment où son maître l’a achetée alors qu’elle était une petite fille maltraitée.De nouveau seul, Ali-Baba est surpris par l’arrivée d’hommes masqués à cheval. Il se cache avec son âne et observe les intrus dont il comprend bientôt qu’il s’agit de voleurs sans pitié. Grâce à la formule magique « Sésame, ouvre-toi », le chef de la bande fait ouvrir les parois d’une caverne où ses hommes déposent leur butin. Les voleurs partis, Ali-Baba la répète et pénètre à son tour dans la caverne.Sur une place de la ville, le cadi Maboul saisit, à la demande de Cassim, les meubles et la modeste demeure d’Ali-Baba malgré l’indignation de Zobéïde. Face au peu d’empressement de la foule à racheter les biens, le cadi suggère de mettre en vente Morgiane. Ali-Baba survient. Désormais riche, il se précipite pour racheter saprotégée.Tandis qu’Ali-Baba, qui distribue des pièces d’or, est célébré de tous, Cassim s’étonne de cette aisance soudaine et suspecte sa femme d’avoir donné de l’argent à son cousin.

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Maquette © Damien Caille Perret

Acte II

Dans la maison d’Ali-Baba, adjacente à celle de Cassim, Morgiane attend son maître. Il paraît somptueusement vêtu et ne tarde pas à lui révéler l’origine de sa richesse sans savoir que Cassim l’écoute à son insu par une trappe communicante.Détenteur de la formule, Cassim se rend à la caverne qu’il pille littéralement. Au moment de ressortir avec ses trésors, il s’aperçoit qu’il a oublié le mot magique.Surpris par les voleurs, il est condamné à mort. Il parvient néanmoins à passer un pacte avec Zizi, son ancien commis désormais membre de la troupe des quarante voleurs, qui le déguise, lui attribue un nouveau nom, Casboul, et lui fait jurer d’oublier sa vie antérieure.

Acte III

Ne voyant pas revenir son époux, Zobéïde, inquiète, vient signaler la disparition de son mari à Ali-Baba. Devinant que Cassim s’est rendu à la caverne, Ali-Baba part à sa recherche. Il revient bientôt avec les vêtements de son beau-frère. À l’annonce du décès de son époux, Zobéïde s’effondre en larmes.Pendant ce temps, le chef des voleurs, Kandgiar, mendie dans les rues de la ville, à la recherche de l’intrus qui a pillé son trésor. Dans le creux de sa main, il reconnaît bientôt une pièce qu’il a luimême volée par le passé, et qu’Ali-Baba lui offre généreusement. Il tient désormais le coupable.Il charge l’un de ses hommes de marquer d’une croix blanche la demeure d’Ali-Baba où il projette de revenir, en nombre, la nuit venue. Mais Morgiane déjoue ses plans : méfiante, elle prend l’initiative de marquer toutes les demeures alentour du même signe. Les voleurs réitèrent l’opération avec une croix rouge mais échouent une nouvelle fois.Dans son somptueux palais, Ali-Baba reçoit Zobéïde. Éprise depuis toujours de son cousin, elle lui propose de l’épouser sans savoir que son mari, déguisé en secrétaire aux côtés de Zizi, assiste à la scène, médusé. Zobéïde et Ali-Baba conviennent de célébrer leurs noces le soir même, à l’occasion de la Fête des Bougies.La nuit venue, Kandgiar, déguisé en marchand, demande l’hospitalité. Morgiane pressent qu’il s’agit d’un nouveau piège et ne tarde pas à deviner la présence des quarante voleurs dans la cave de la maison. Elle alerte le cadi. Arrêtés, les bandits sont condamnés à mort mais Cassim, Zizi et Kandgiar courent toujours.Dans le splendide jardin d’Ali-Baba, la fête bat son plein. Afin d’assouvir sa vengeance, Kandgiar a chargé une danseuse d’assassiner Ali-Baba. Cependant, la perspicacité de Morgiane déjoue une nouvelle fois ses plans et la jeune esclave sauve son maître.Débarrassé de la bande de voleurs, Cassim redevient lui-même tandis qu’Ali-Baba demande la main de Morgiane et gracie Zizi.

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