Lambert Wilson revient sur un texte qu'il avait déja mis en scène, en l'adaptant à l'époque dans les années 30, Bérénice, avec Kristin Scott Thomas.Cette fois, dans le sublime écrin aux ocres magnifiquement éclairées des Bouffes du Nord, l'acteur metteur en scène opte pour l'épure. Le lieu s'y prête. Il cherche à faire entendre les vers raciniens sans divertir par un excès de gestes et de mouvements. Longue robe verte pour Carole Bouquet, toge pourpre pour Lambert Wilson, Titus, drapé blanc pour Paulin, Georges Wilson, l'ami conseiller de Titus. Le parti pris de sobriété permet effectivement l'irréprochable écoute de la langue (si seulement les spectateurs évitaient de tousser comme s'ils étaient devant leur télé!), mais on regrette le manque de liberté de l'actrice, belle comme une sculpture antique, pas assez incarnée. On a envie de conseiller à la si belle Carole Bouquet de casser le plâtre du personnage pour faire vivre Racine aussi avec le corps! De beaux moments entre le père et le fils à la ville, prince et ami sur scène, font regretter que Lambert Wilson n'ose pas davantage signer sa mise en scène. Peut-être n'est-il pas trop tard? "Bérénice", de Jean Racine, mise en scène de Lambert Wilson. Théâtre des Bouffes du Nord. 37 bis, boulevard de La Chapelle. Paris-10e. Métro La Chapelle. Tél. : 01-46-07-34-50. De 10 € à 24 €. Du mardi au samedi, à 20 h 30 ; samedi, à 15 h 30. Jusqu'au 23 mars. Sur Internet : www.bouffesdunord.com. Au théâtre de Paris, Jérôme Savary se met en scène. Certes, l'histoire est celle de Don Quichotte qui entreprend de faire tomber le moulin rose, un cabaret miteux où chante et danse Arielle Domsballe. Mais on écoute distraitement celle qui incarne une Marlène Diétrich du pauvre, car le fondateur du Magic Circus se donne le beau rôle. Savary joue le monsieur Loyal d'un spectacle vivant moribond. Il passe le plus clair de son temps à l'avant scène, pour déplorer le manque de subventions auquel il est soumis... depuis son éviction de l'Opéra comique. L'homme orchestre ressert ce qu'il sait faire ou ce qu'il savait faire : du french cancan, des chansonnettes, des gags, de la trompette, mais cette répétition masque un manque de travail et d'inspiration. On a toujours de la tendresse pour son art du clown, mais le clown devient triste.« Don Quichotte contre l'Ange bleu » Théâtre de Paris, du 11 janvier au 2 mars. Tél.: 0148742537. "L'école des femmes"? Jean-Pierre Vincent, lui non plus, ne s'est pas foulé! Mise en scène paresseuse autour d'un Arnolphe-Auteuil qui s'amuse à rendre son personnage bouffon mais ne s'attache pas plus que son metteur en scène à chercher le tragique dans la bouffonnerie. Farce aimable sans génie. Au théâtre de l'Odéon, jusqu'au 29 mars. "Madame Raymonde" continue d'explorer le patrimoine de la chanson française. Denis d'Arcangelo est un acteur et un chanteur de grand talent. En robe, avec un chapeau, des bas noirs et un verre de vin à la main, accompagné d'un accordéoniste, il invente un personnage de veille "pute" au coeur tendre qui mêle le sketch et la chanson. Ce pourrait être nostalgique, attendu, un brun vulgaire. C'est au contraire extrêmement vivant et revigorant. Son articulation parfaite et son interprétation redonnent vie à de vieilles rengaines des années 30 ou à des chansons d'Alain Leprest, Ferré, Aznavour, dont on savoure toutes les paroles. On aime autant son répertoire que sa forte personnalité et sa voix exceptionnelle. Une heure trente, seulement, alors qu'on tiendrait avec lui, avec elle, toute une soirée!"Madame Raymonde", au Vingtième Théâtre à Paris jusqu'au 2 mars 2008. Du mercredi au samedi à 19h30Le dimanche à 15h

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madame raymonde © Radio France
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