« La peinture c’est la liberté. Si vous sautez, vous pouvez retomber du mauvais côté de la corde. Mais si vous n’êtes pas prêt à prendre le risque de vous casser le cou, à quoi bon ? Vous ne sautez pas du tout. Vous devez réveiller les gens ».

Pénétrer la dernière demeure de Picasso est un moment émouvant et solennel. À son image, le château est simple mais majestueux. La présence du peintre investit le château, comme une ombre qui le recouvre. On se sent petit, humble. Alors on marche à pas silencieux, par peur de le déranger.

On entre dans la « pinède » du château qui fait face à la montagne Sainte Victoire. C’était son jardin. Aujourd’hui à cet endroit, il y a le théâtre à ciel ouvert qui accueillera bientôt artistes et spectateurs pour célébrer sa mémoire.

Myriam Boyer, Marco Beacco et Jacques Weber
Myriam Boyer, Marco Beacco et Jacques Weber © Dans l’arène de Picasso / Kim Weber pour Jacques Weber

Il existe de nombreux écrits autour de Pablo Picasso : réflexions passionnées, études raisonnées, biographies méticuleuses, tentatives d’analyses critiques, récit haineux…. L’homme nous intéresse autant que son œuvre : génie abondant, artiste total, solitaire, obsédé par la forme, hanté par les femmes, homme engagé, stratège, homme contradictoire. Contrairement à nous qui évoluons peut-être trop sagement dans la société, Picasso était libre, détaché de tout, hors normes, hors codes. Il nous bouleverse, nous obligeant à réfléchir, à rompre avec nos habitudes en regardant et en appréhendant notre existence différemment.

Au travers de ce rendez-vous, nous souhaitons appréhender le processus de création de Pablo Picasso en confrontant les discours du personnage public et sa pensée. Ainsi, trois personnages sont mis en scène : « Picasso dit », « Picasso pense » et « la troisième voix ».

Plus précisément, Le premier lit des propos que Pablo Picasso a tenu lors de diverses interviews.Le deuxième, lui, lit une interprétation des auteurs de la pensée de Pablo Picasso. Et enfin, « La troisième voix » lit des textes d’autres auteurs, suggérant ainsi des résonances aux propos du peintre.

Ce montage de texte est le fruit d’un travail d’appropriation, de réflexion, et enfin d’agencement d’un certain nombre d’écrits sur l’artiste. Sans oublier un travail d’interprétation rendu nécessaire par la présence de nombreuses zones d’ombres le concernant. C’est ainsi, avec l’aide de grands comédiens et musiciens, que nous souhaitons rendre hommage à Pablo Picasso. Faire de ces représentations des moments magiques, hors du temps, hors normes.

Le château de Vauvenargues appartient à Catherine Hutin, fille de Jacqueline Picasso, la dernière épouse du peintre. L’histoire du château et de ses différents propriétaires reste intimement attachée à l’histoire de la Provence. La présence forte et unique d’un des plus grands génies de l’art occidental, Pablo Picasso, scelle définitivement l’histoire d’un lieu d’exception.

Certainement un des plus beaux châteaux de Provence et de la région aixoise, sur son piton rocheux, au pied de la Sainte-Victoire, avec ses remparts conservés et ses belles proportions du XVIIe siècle, dans un style rustique sévère, il bénéficie d’un environnement naturel et végétal heureusement préservé.

Château Vauvenargues
Château Vauvenargues © Dans l’arène de Picasso

Extraits de texte – Propos de Picasso

“Ce qui nous intéresse, c’est le drame de l’homme. Le reste est faux.”

“Je ne fais jamais un tableau comme une oeuvre d’art. Parmi les différents péchés dont on m’accuse, aucun n’est plus faux que celui d’avoir, en tant qu’objectif premier de mon travail l’esprit de recherche.”

“En art, les intentions ne suffisent pas et, comme nous disons en espagnol, « l’amour doit être prouvé par des faits, et non par des paroles ».”

“Tout le monde veut comprendre la peinture, pourquoi n’essaie t’on pas de comprendre le chant des oiseaux, pourquoi aime t-on une nuit, une fleur, tous ce qui entoure l’homme sans chercher à les comprendre ?”

“J’en suis arrivé au moment, où le mouvement de ma pensée m’intéresse plus que ma pensée elle même.”

“Pour mon malheur et pour ma joie peut être, je place les chose selon mes amours. Je mets dans mes tableaux tout ce que j’aime. Tant pis pour les choses, elle n’ont qu’a s’arranger entre elles.”

“Pendant les jours de la libération, j’étais à mon balcon au moment où crépitaient les coups de feu. Des hommes tiraient des toits, d’autres hommes tiraient de la rue. Et comme je ne voulais pas être au milieu, j’ai choisi.”

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