Romain Duris a aimé Chéreau, réalisateur de "Persécution" . Il souhaite désormais vivre avec lui une expérience sur scène. L'occasion est donnée au duo à la faveur d'une carte blanche au Musée du Louvre, en 2010. En novembre prochain, le metteur en scène sera chargé d'inventer une programmation dans le musée . L'ancien directeur du théâtre des Amandiers de Nanterre ne s'interdit rien dans ce lieu qu'il arpentait, enfant, avec son père artiste-peintre. Depuis six mois, il travaille d'arrache-pied, encouragé par le patron du lieu, Henri Loyrette, passionné dit-on du travail de Chéreau et prêt visiblement à investir un budget important dans cette carte blanche .Le théâtre ? Bonne nouvelle. Le metteur en scène revient à cet art qu'il considère désormais dans son parcours comme une exception. Rien sur les planches depuis sept ans, depuis "Phèdre", exception faite de l'opéra ("la maison des morts" dirigée par Boulez) et de la lecture par Dominique Blanc de "la douleur", de Duras . L'année dernière, Chéreau relisait Euripide avec le souhait de monter une pièce à Londres. Il a envisagé ensuite de mettre en scène "Macbeth" outre-Manche, mais comment allait réagir le public britannique à un Shakespeare monté par un français? La lecture du norvégien Jon Fosse (souvent monté par Claude Régy) l'a convaincu de reprendre son activité originelle: le théâtre. Au Louvre donc, dans la salle Denon qu'il s'agira avec son fidèle scénographe Richard Peduzzi de transformer en une salle de 280 fauteuils, Chéreau montera deux pièces de Fosse. "Rêve d'automne" (1999) montée l'année dernière par David Géry au théâtre de l'Athénée, puis "Je suis le vent", pièce récente de 2007. Marina Hands, Bulle Ogier, Pascal Grégory et Michel Duchaussoy seront dirigés par le metteur en scène. Trois d'entre eux faisaient déja partie de la distribution de "Phèdre".Théâtre, encore ? Avec Romain Duris, en effet. Chéreau s'enflamme : "C'est un très bon acteur, rapide, intelligent et travailleur. Il a envie de faire du théâtre, alors..." Alors le metteur en scène pourrait le diriger dans trois monologues de Koltès (extraits de trois pièces, a priori : "Sallinger", "Quai-Ouest" et "Roberto Zucco"). Ce sera donc un défi parce qu'une première sur les planches pour l'acteur des films de Klapisch. Ces pièces et monologues seront repris à Paris dans un théâtre national avant de partir en tournée. Chéreau programmera aussi des chorégraphes avec lesquels il discute actuellement : Mathilde Monnier, Anne Teresa de Keersmaeker, Boris Charmatz (un projet avec trente danseurs !) et Thierry Thieû Niang.Quant aux Beaux-Arts, l'essence du Musée du Louvre, ils seront présents à travers la vision subjective de Chéreau qui piochera les tableaux de son choix au Louvre, au Musée d'Orsay et au Musée d'art moderne du Centre Pompidou (un livre est attendu). La photo sera aussi l'objet d'une exposition, avec pour thèmes, les corps et les visages.Chéreau jubile, vraiment : "Fouiller parmi les collections et dire : je veux cette oeuvre et puis celle-ci est une joie profonde".

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kal ter marion © Radio France
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