de Ray Bradbury , adaptation, mise en scène et univers sonore David Géry avec Quentin Baillot, Lucrèce Carmignac, Simon Eine sociétaire honoraire de la Comédie-Française, Gilles Kneusé, Alain Libolt, Clara Ponsot et Pierre YvonFahrenheit 451, écrit en 1953 et publié en pleine période du maccarthysme par le grand maître du roman d’anticipation, Ray Bradbury, est devenu au fil du temps et par son caractère visionnaire un grand classique du genre, sinon un chef-d’oeuvre. Son titre fait référence à la température, en degré Fahrenheit, à laquelle le papier commence à brûler spontanément au contact de l’air. Dans un pays indéterminé, dans un avenir indéfini, la possession de livres est strictement prohibée. Selon le gouvernement, « ils empêchent d’être heureux ». Une brigade spéciale de pompiers est chargée de traquer les ultimes détenteurs et de détruire par le feu tous les livres encore en circulation. Tout commence un soir, par la rencontre de l’un de ces pompiers, Guy Montag, avec une jeune fille, Clarisse, éprise de liberté dont le caractère rebelle va lui ouvrir les yeux et bouleverser sa vie.Peu à peu, il s’interroge sur sa vie, son métier, ses certitudes… Il cède alors à la tentation et ouvre un livre. C’est l’engrenage. Il se met à soustraire des livres de la destruction et à les cacher. Montag dévore avec boulimie les fruits défendus.Comme éveillé d’un long sommeil, il entre en résistance contre cette société totalitaire et ses brûleurs de livres. Commence alors la découverte d’un monde jusqu’à présent inconnu, dissimulé et censuré par les autorités. Dénoncé par sa propre femme et arrêté, il réussit à s’enfuir hors de la ville. Traqué par les forces policières et médiatiques, il finit par leur échapper. Il est recueilli par une communauté itinérante d’hommes et de femmes vivant en marge et en résistance :les Hommes-livres, qui ont appris par coeur des livres entiers pour les sauver de l’oubli.

Gavez les gens de données, inoffensives, incombustibles, gorgez-les de « faits », qu'ils se sentent bourrés de faits, mais absolument « brillants » côté information. Ils auront alors l'impression de penser, ils auront le sentiment du mouvement tout en faisant du surplace.Et ils seront heureux parce que les connaissances de ce genre sont immuables. Ne les engagez pas sur des terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie pour relier les choses entre elles. C'est la porte ouverte à la mélancolie. […] Tout ce que je réclame, c'est de la distraction. Beatty, capitaine des pompiers, in Fahrenheit 451 adapté par David Géry

Une adaptation en 3 mouvements

Si elle reprend l’histoire du roman sans la trahir, l’adaptation est conçue pour produire du théâtre mettant en questionnement les thèmes que le roman développe en regard avec notre époque . Il ne s’agit pas de concevoir un spectacle de science-fiction. Son caractère d’anticipation n’a plus lieu d’être. Nous y sommes. Certes nous ne brûlons pas les livres. Mais le trouble que vit la profession du livre aujourd’hui, nos addictions de plus en plus grandes à nos tablettes et smartphones, nos capacités de mémoire et de concentration qui vont en se réduisant et ces réseaux sociaux qui nous mettent de plus en plus dans un espace public réduisant bientôt à néant notre espace privé… ont de quoi alarmer. Nous vivons à cent à l’heure dans la troisième révolution industrielle, dans l’inconscience de ce qui sera. Qui lesait ?Avec les acteurs, c’est du côté de l’intime que je veux raconter cette histoire. Pour le spectateur, c’est du côté politique que je souhaite qu’il l’entende. De la même manière que son héros, Montag, va prendre conscience, se transformer, entrer en action, en résistance, j’ai voulu accompagner cette transformation en donnant à l’adaptation un caractère évolutif dans la manière de traiter théâtralement la narration. Je l’ai donc conçue en trois mouvements.Le premier de ces mouvements nous entraîne dans un traitement cinématographique de l’oeuvre dans lequel la narration est prise en charge par une voix off. S’opère un glissement progressif vers un deuxième mouvement où le personnage de Montag s’empare lui-même de cette narration. Comme pour s’approprier cette histoire, s’approprier son identité, sa mémoire. Du statut de spectateur, il devient acteur. Le troisième mouvement commence lors de sa fuite et de sa rencontre avec les Hommeslivres. Ce dernier mouvement est alors choral et propose une théâtralité à l’inverse du premier mouvement. Dans l’espace nu du théâtre, chacun de ces Hommes et Femmes-livres vient continuer cette histoire dans une adresse directe au public. Chacun et ensemble, sans artifice, ils restituent et délivrent, comme des passeurs, la parole du livre aux spectateurs . David Géry

Effets spéciaux et pyrotechnie

L’élément incontournable du feu, maîtrisé par Jeff Yelnik du Groupe F , dont nous connaissons la réputation (professionnalisme alliant esthétisme et « sécurité »), prendra une place importante dans le spectacle. Si la compagnie Groupe F conçoit ses propres spectacles, ses membres fondateurs travaillent régulièrement avec des metteurs en scène et réalisateurs. Ainsi, Jeff Yelnik a déjà collaboré avec Jorge Lavelli ou encore David Lynch.

La tournée

  • le 13 février 2013 au Théâtre Firmin Gémier – La Piscine de Châtenay-Malabry- du 19 au 23 février 2013 à la Scène nationale de Sénart- du 6 au 8 février 2013 au Volcan – Scène nationale du Havre / du 19 au 23 mars 2013 aux Célestins –- Théâtre de Lyon / les 28 et 29 mars 2013 au Phénix – Scène nationale de Valenciennes / du 2 au 4- avril 2013 à l’Espace Malraux – Scène nationale de Chambéry et de la Savoie
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