Ceci est un blog. Tout est permis? Alors, osons la critique d'un spectacle vu en partie seulement, 2 heures sur les plus de 5 heures que dure "Das System". L'auteur, Falk Richter, 39 ans, est allemand. Il veut nous réveiller. Les Bush et leurs complices, les hommes politiques allemands, représentent des dangers pour l'humanité. Il est temps que le théâtre dénonce cet impérialisme. Dans des textes comme "Etat d'urgence", "Under Attack", "Le système/introduction", l'auteur écrit un théâtre pamphlétaire qui repose sur des monologues éructants. Stanislas Nordey les réunit dans "Das system".Première partie donc, de deux heures. Sur un plateau nu, entouré d'ampoules qui symbolisent la bannière étoilée, l'ennemi est déja montré du doigt : les Bush, père et fils (encore une fois, après "Atropa" de Tom Lanoye par Guy Cassiers et "Tragédies romaines" de Shakespeare par Ivo Van Hove). Les jeunes comédiens de la troupe de Nordey (sans doute issus de l'école du TNB de Rennes où le metteur en scène enseigne) débitent le discours militant de l'allemand énervé. Bush menace la démocratie, Bush fait la guerre pour préserver ses intérêts et Merkel (ou Kohl avant elle) sont des "enculés". L'humour affleure parfois, (après l'évocation du 11 septembre, une fille hurle : "Je ne supporte plus de voir les pompiers!") A l'avant-scène, dans un dépouillement absolu, les comédiens sont statiques, ou presque. Une actrice ponctue la pièce de l'hymne américain à la guitare électrique. En tee-shirt de couleur, avec comme dessin, des figures de toons américains (Diabolo et Satanas, Charlie Brown...), plantés à l'avant-scène, bras levés ou bras le long du corps, ils se partagent en hurlant un monologue. Fuck! Enculé! Le propos dénonciateur et virulent caresse le spectateur dans le sens du poil. Facilité, démagogie, absence de poésie, absence de théâtre, surtout. Deux heures migrainatoires qui, après dix jours de festival, encouragent à s'enfuir de la salle Benoît XII."Das System", F Richter par S Nordey, jusqu'au 20 à Avignon. Du 11 au 22/11 au TNB de Rennes, dans le cadre du festival "Mettre en scène".

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