Un braqueur désespéré (un braqueur est-il toujours désespéré?) tente de vider la caisse de la jolie serveuse d'une cafétéria. En vain. Deux belges fauchés enlèvent une adolescente, espérant obtenir du père une rançon conséquente. Hélas, le père ne se manifeste jamais. De vieux brigands acceptent mal l'idée d'attendre la mort. Alors l'idée leur vient de dévaliser le Mac Do du coin, mais ils sont décidément trop vieux.Dans "J'ai toujours rêvé d'être un gangster", les personnages ont des désirs qui ne se réalisent pas. On fait de son mieux, mais ça capote. Samuel Benchétrit aime la forme de la nouvelle. Comme dans ses livres, il adopte cette forme à l'écran et signe un film à sketchs. Comme ce genre ne date pas d'hier, il assume une certaine influence. Le problème, c'est que cette référence mêlée à d'autres finit par peser et nier son style. Hommage au cinéma réaliste italien, hommage au noir et blanc de Jim Jarmusch... Et lui, où est-il? Ses dialogues qui rappellent sa dernière pièce de théâtre, "Moins 2", dans laquelle déja deux vieillards hospitalisés prenaient la poudre d'escampette, ne vont pas assez loin. Pas vraiment drôles, pas vraiment décapants, et même, pas assez méchants. On regarde sans déplaisir ses aventures rocambolesques, mais on ne voit au final qu'un hommage à un cinéma des années 50 aux années 90. (Trop) large spectre. La forme n'est pas celle d'un cinéma contemporain (en cela, le film pourrait séduire), mais l'absence de fond ou simplement de choses à raconter ne convainct pas. Envie de conseiller au beau et vraiment gentil Benchétrit de raconter ses histoires avec son style, et de préférence, en renouvelant ses thèmes ("Tu es géronto? lui a décoché Jean Rochefort à la lecture du scénario).

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