Marie NDiaye compose une fable politique, un conte poétique : Notre Élue, irréprochable, modèle absolu de probité, se trouve mise à mal par l’Opposant.

Honneur à notre élue
Honneur à notre élue © Stéphane Trapier

Isabelle Carré et Patrick Chesnais plongent avec un humour féroce dans les rouages du pouvoir grâce à Marie NDiaye dans Honneur à notre Élue au Théâtre du Rond Point.

Dans une petite ville portuaire, Notre Élue, maire actuelle, s’impose en figure exemplaire de probité. Icône rêvée d’un pouvoir qu’on oserait dire pur. Notre Élue est irréprochable, modèle absolu. Mais l’Opposant, rétamé trois ans plus tôt, guette les élections. Il cherche par quelle faille déstabiliser Notre Élue. Il débusque pour finir le « truc franchement dégueulasse » qui changera la donne. Et le peuple fera son choix. Prix Goncourt pour Trois femmes puissantes, prix Fémina pour Rosie Carpe, entrée au répertoire de la Comédie-Française avec Papa doit manger, Marie NDiaye compose une fable politique, un conte poétique, drôle et cruel, baigné d’un acide à l’élégance rare.

Honneur à notre élue
Honneur à notre élue / Pascal Victor

Actuel directeur du Quai, Centre dramatique national d’Angers, Frédéric Bélier-Garcia a dirigé au Rond-Point des pièces de Mayenburg, Schimmelpfennig, Fosse, Levin ou Oster. Il a notamment co-scénarisé des films de Nicole Garcia, et signé plusieurs mises en scène à la Comédie-Française. Il porte à la scène en 2002 la première pièce de Marie NDiaye, Hilda, grand prix du Syndicat de la Critique. Quinze ans plus tard, avec Isabelle Carré et Patrick Chesnais, Honneur à Notre Élue se déploie en mode d’emploi des dysfonctionnements de la démocratie. La pièce plonge avec un humour féroce dans les rouages du pouvoir : ses aspirations, le maintien de son ordre et sa déchéance.

Pierre Notte

Source Théâtre du Rond Point

►►► Extrait :

  • Notre Élue : Excusez-moi, il ne fallait pas m’attendre, il est bien tard.
  • La vieille : Comment as-tu pu dire à ton mari que nous étions morts ? Quelle femme es-tu donc ?
  • Notre Élue (au mari) : Je ne t’ai jamais menti. Tout ce que je t’ai dit était vrai à l’instant où je te l’ai dit.
  • Le mari : Mais qu’est-ce qu’il faut que je comprenne, alors ? Et ces deux-là, pourquoi les recevoir chez nous, avec leur affreux langage, leur méchanceté, leur... leur...
  • Notre Élue (douloureuse) : Je dois le faire. Je te demande d’essayer de me pardonner. (Aux vieux) Tout va bien ? Vous êtes à l’aise ? Vous devez avoir faim, il ne fallait pas m’attendre. J’ai eu tant à faire aujourd’hui. Je peux vous apporter un verre de vin ? Ce que certains n’ont pas eu, d’autres en profitent à leur place et ainsi tout est bien et les petites âmes sont apaisées, n’est- ce pas, celles qui ont enduré en silence. Je peux vous apporter des amandes salées ?
  • Le mari : Qu’est-ce qu’il faut que je comprenne ?
  • Notre Élue : Ne rien comprendre, tout pardonner.
Honneur à notre élue
Honneur à notre élue / Pascal Victor

►►► Distribution

  • De : Marie NDiaye
  • Mise en scène : Frédéric Bélier-Garcia
  • Avec : Isabelle Carré, Patrick Chesnais, Jean-Charles Clichet, Claire Cochez, Romain Cottard, Jan Hammenecker, Jean-Paul Muel, Chantal Neuwirth, Agnès Pontier, Christelle Tual
  • Et : deux enfants
  • Collaboration artistique : Caroline Gonce
  • Scénographie : Chantal Thomas
  • Lumière : Roberto Venturi
  • Son et création musicale : Sébastien Trouvé
  • Vidéo : Pierre Nouvel
  • Costumes : Pauline Kieffer
  • Maquillage et coiffure : Catherine Nicolas
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