Imitation of death
Imitation of death © Yara Bonanni

Un spectacle de Ricci/Forte Mise en scène Stefano Ricci Chorégraphie Marco Angelilli Avec Marco Angelilli, Cinzia Brugnola, Michela Bruni, Chiara Casali, Ramona Genna, Desirée Giorgetti, Fabio Gomiero , Blanche Konrad, Liliana Laera, Piersten Leirom, Mattia Mele, Silvia Pietta, Claudia Salvatore, Giuseppe Sartori, Francesco Scolletta, Simon WaldvogelLes noms de Stefano Ricci et Gianni Forte, ricci/forte, sont lentement remontés à la surface des eaux calmes du théâtre italien des années 2000. Le nom circule, mais l’écho se heurte à une sorte de prudence :Attention danger. Des images ensuite qui éclaboussent, des grésillements. Des provo-performances comme Wunderkammer Soap à la Ménagerie de Verre. On n’entre pas les mains dans les poches dans cet univers-là.Leur « théâtre » est dangereux. Parce qu’ils se mettent en danger, sur scène, dans la vie, à Rome, à Sarajevo. Il faut prendre le temps et, sauter. Et couler. Mais ces jusqu’au-boutistes sont gentilshommes. On est conquis. Le fric ne compte pas. La gloriole encore moins. Il y a dans cette compagnie d’adolescents, cette bande pasolinienne, un extraordinaire sens de l’irresponsabilité, radical, courageux, téméraire. J’ai de la tendresse pour eux. Ils sont une forme de salut. Patrick Sommier

Imitation of death
Imitation of death © Gianfranco Fortuna

La pièce

Pendant le premier quart d’heure, il y a une sorte de malaise face à ce spectacle indéfinissable où la vie est jetée aux crocs des bouchers , où les corps appellent au secours, où les corps parlent, tressaillent, s’effondrent et se relèvent. Comme une sorte de réaction chimique entre l’infinie fragilité des hommes et l’absolue brutalité du monde. Puis l’apaisement, la communion avec ces acteurs danseurs performeurs enragés et beaux.Une forme de parcours initiatique sur les traces de Chuck Palahniuk. Un diagramme des contradictions de l’homme d’aujourd’hui, avec ses dépressions, ses appareillages. C’est la médiocrité ambiante et la révolte qu’elle génère avec ses automutilations. C’est la dégénérescence de l’éthique qui s’effondre puis se relève grâce aux efforts incessants de la vie réelle et des infinies variantes de la survie. C’est Dickens pour les paraboles sociales et ses lumières blêmes de l’ère postindustrielle exsangue.Entre involution politique des états et évolution de notre état personnel, ça scratche furieusement. Nulle caricature :notre regard sur les êtres est lucide et sans agression. C’est une cartographie où se superposent les individualités avec leurs obsession collectives dans un alphabet commun. C’est l’hologramme d’une simili vie, d’une simili planète où, renonçant à traquer les lueurs de vie, le meilleur sport à pratiquer reste sans doute une saine imitation de la mort.

Imitation of death
Imitation of death © Yara Bonanni
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