L’histoire commence à New York où Monica, Charlie, Amy et Christophe, quatre jeunes gens aux destins solitaires viennent à se croiser.

Insoutenables longues étreintes
Insoutenables longues étreintes © Seaguardian_(c)ZenaHolloway

Les trajectoires de ces personnages, Monica, Charlie, Amy et Christophe, sont pleines du chaos possible d’une existence de trentenaires : avortement, drogue, tentative de suicide,  régime vegan… les épreuves s’enchaînent et accentuent une nostalgie interne et aiguë, un sentiment de perte du foyer, une sorte d’incapacité à  s’ancrer dans la vie. 

Aliénés par le mode de vie moderne, « accros » à une jouissance qui rime avec claustrophobie et alimente un sentiment  d’échec de plus en plus grand, ils vont être amenés à redéfinir radicalement les paramètres de leur liberté. Entre errance et prise de  conscience tardive, ils paieront le prix fort. 

Progressivement, au fil de l’intrigue, une voix – « la voix de l’univers » – se met à résonner dans la tête des personnages : une voix tout à  la fois tendre, ironique et surprenante, qui est aussi un outil dramaturgique puissant pour pouvoir déployer, dans la langue et le texte, un «  espace autre » où les personnages parviennent à tisser des liens beaucoup plus directs, dangereux ou inspirants. 

Insoutenables longues étreintes répétition
Insoutenables longues étreintes répétition / Alban Ho Van

►►► Extrait 

  • MONICA. – C’est une étreinte. Étreins-moi. 
  • CHRISTOPHE. – Mais je ne sais pas comment faire. 
  • MONICA. – C’est juste que tu n’as jamais essayé. Tu as toujours été focalisé sur le résultat, tu penses à l’orgasme. Mais le vrai plaisir est  ici, Christophe : est-ce que tu le sens ? 
  • CHRISTOPHE. – Oh mon Dieu, c’est presqu’insoutenable ! 
  • MONICA. – Parce que c’est le plaisir qui ne commence ni ne finit jamais. C’est la véritable vie, Christophe. Étreins-moi. 
  • CHRISTOPHE. – À ce moment-là, Christophe s’effondre en sanglot. Putain, qu’est-ce qui m’arrive ?! MONICA. – Ce qui se passe maintenant est l’événement le plus important de l’univers : la vie rencontre la vie. 
  • CHRISTOPHE. – Je suis vivant, murmure Christophe, et il se met à pleurer. Je suis vivant, murmure Christophe, et il sourit. Je suis vivant,  murmure Christophe, et il pleure. Je suis vivant, murmure Christophe, et il sourit. Je suis vivant, murmure Christophe, et le serpent noir se  transforme en un « Mon Dieu, je ne savais pas qu’il y avait une telle tendresse en moi ». Et voilà qu’à l’intérieur de Christophe, il n’y a  plus de serpent noir, mais seulement un : « Mon Dieu, je ne savais pas qu’il y avait une telle tendresse en moi ». Et là, des millions de  cellules de Christophe volent vers des millions de cellules de Monica, et maintenant, elles se rejoignent les unes les autres dans d’insoutenablement longues étreintes. Mon Dieu, je ne savais pas qu’il y avait une telle tendresse en moi, Monica, murmure Christophe. 
  • MONICA. – Je te rencontre, tu me rencontres. Ma tendresse rencontre la tienne, et l’univers s’élargit. 
  • CHRISTOPHE. – C’est dingue ! 

►►► Distribution 

  • Comédie dramatique d’ Ivan Viripaev 
  • Mise en scène de Galin Stoev 
  • Avec Pauline Desmet, Sébastien Eveno, Nicolas Gonzales, Marie Kauffmann

Insoutenables longues étreintes à voir au Théâtre de la Cité du 4 au 21 déc 18

Insoutenables longues étreintes répétition
Insoutenables longues étreintes répétition / Alban Ho Van
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