Un spectacle deFrançois Morel d’après les échanges entre Georges Charensol et Jean-Louis Bory à l’émission radiophonique «Le Masque et La plume» sur France-inter.

Mise en scène François Morel adaptation François Morel et Olivier Broche avec la collaboration artistique de Christine Patry avecOlivier Broche , Olivier Saladin , Lucrèce Sassella.

Dans les années 60-70, jean-Louis Bory et Georges Charensol s’illustrèrent dans l’émission radiophonique «Le Masque et la plume». deux approches différentes des films critiqués mais une semblable sincérité jusque dans la mauvaise foi. une verve, un humour, un goût certain pour les mots et la théâtralité, mais surtout une passion commune pour le cinéma rendirent leurs échanges inoubliables.

Si l’un défend les films qui se font souvent porte-parole des combats de ces années-là (féminisme, liberté sexuelle, homosexualité, etc), l’autre préfère une vision plus spectaculaire, plus distante et plus patrimoniale du cinéma. Laurel et hardy de la critique, les deux sont indissociables. Bory sans charensol ou charensol sans Bory c’est comme Laurel sans hardy, hardy sans Laurel. chacun a besoin de l’autre pour être lui-même puisque leurs divergences, leurs antagonismes, leurs joutes les ont rapprochés à jamais dans l’histoire de la critique. une véritable histoire d’amitié fondée sur une mésentente parfaite.

Instants Critiques
Instants Critiques © Franck Moreau

J’ai justement proposé à deux acteurs amis d’incarner ces deux personnages. olivier Broche et olivier saladin, en interprétant les improvisations des deux critiques, défendront la cinéphilie, critiqueront la critique et montreront combien les controverses artistiques rendent les amitiés fructueuses.

François Morel novembre 2009

J'ai eu l'idée de ce spectacle en pensant à olivier Broche. sa passion pour le cinéma, sa véhémence parfois, m'ont rappelé celles de jean-Louis Bory du temps où il participait au "Masque et la plume". j'ai approfondi l'idée, je me suis dit que nous pouvions avoir là une belle idée de spectacle qui permettrait de parler du cinéma, de la critique, de l'amitié. Parler également de cette passion de débattre, de s'opposer qui rend les amitiés plus fructueuses, la vie plus vivante.

Jean-Louis Bory et Georges charensol, c'est pour faire vite, la querelle des modernes et des anciens. jean-Louis est écrivain. il a eu le prix Goncourt juste après guerre. il épouse les combats des années 70 (la libération sexuelle, la défense de l'homosexualité, le féminisme). Georges, est plus âgé, il a écrit plusieurs livres sur ses amis peintres, il regarde le monde et le cinéma avec de la distance. il "nuance". il est moins passionné sans doute mais ne confond jamais les enjeux de sa propre vie avec ceux des films qu'il doit critiquer.

Instants Critiques
Instants Critiques © Franck Moreau

Un jour, au café, avant l'enregistrement d'une émission du "Masque et la plume", Bory et Charensol ont décidé de théâtraliser leurs différences de vue sur le cinéma. pour revitaliser l'émission, ils ont décidé de mettre en scène leurs dissensions, leurs différences, leurs oppositions. Le succès de leur duo vient sans doute de là. ils se sont amusés à être parfois méchants l'un vis à vis de l'autre mais leurs relations étaient sous tendues par un vrai respect mutuel, peut-être une affection.

J'ai eu envie de décontextualiser les échanges entre les deux critiques. oublier le cadre de l'émission de radio, oublier le présentateur, les autres protagonistes et se concentrer juste sur deux personnages, sorte de Bouvard et pécuchet dont les seuls sujets de conversation seraient les films qu'ils ont vus. nous sommes dans une salle de cinéma, un peu défraichie. Certains fauteuils sont cassés. on se dit qu'on est à la fin d'une période, celle de la cinéphilie. L'ouvreuse, sans doute, sur son i-phone regarde négligemment Lawrence d'arabie...

François Morel Février 2011

Films évoqués…

  • Bande à part, 1964, jean-Luc Godard
  • 100 Briques et des tuiles, 1965, pierre Grimblat
  • Théorème, 1968, pier-paolo pasolini
  • Le corniaud, 1965, Gérard oury
  • Pierrot le fou, 1965, jean-Luc Godard
  • Mort d’un pourri, 1977, Georges Lautner
  • Le cerveau, 1969, Gérard oury
  • Le Bestiaire des amours, 1965, Gérard calderon
  • Histoire d’o, 1975, just jaeckin
  • L’empire des sens, 1976, nagisa oshima
  • Les parapluies de cherbourg, 1964, jacques demy
  • L’amour l’après-midi, 1972, eric rohmer
  • La Grande bouffe, 1973, Marco Ferreri
  • touche pas à la femme blanche, 1974, Marco Ferreri
  • Le parrain, 1972, Francis Ford coppola
  • Une Belle fille comme moi, 1972, François truffaut
  • Cris et chuchotements, 1972, ingmar Bergman
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