Elle aime la radio. Elle aime aussi tenir elle même le journal sonore de ses tournages ou des répétitions d'une pièce en cours. Aussi pour la deuxième fois, je lui confie un petit magnétophone (on croirait un rasoir électrique) pour que chaque jour, elle enregistre une ou plusieurs séquences qui serviront d'épisodes à un feuilleton diffusé dans l'émission. Déja, en septembre 2006, Isabelle Carré nous avait emmenés dans les coulisses du théâtre de la Madeleine, pour "Blanc", d'Emmanuelle Marie (disparue récemment) mis en scène par Zabou Breitmann. Elle disait son trac avant les scènes, on l'entendait répéter ou visiter les garçons aux caisses, pour connaître l'état de la location; elle écoutait Bjork aussi, dans son ipod, et même les entretiens accordés à la presse par la chanteuse islandaise. Fan de Bjork, pour l'énergie qu'elle puise dans ses chansons. Cette fois, le comédienne a tourné à Lille et Calais un téléfilm consacré aux clandestins de Sangate.(Olivier Adam était présent et son roman qui sort fin août auc éditions de l'Olivier relate la même histoire avec talent, j'y reviendrai). Le film qui sera diffusé sur France 3 en septembre traite d’un sujet brûlant, la façon dont vivent les réfugiés à Calais après la destruction de Sangate il y a deux ans. Le feuilleton permettra de la suivre au milieu des comédiens kurdes. L'autre jour, au café "les Editeurs", près de chez elle, à Odéon, Isabelle Carré me remet le magnéto. Elle sourit, "voilà le reportage, chef!" Ses partenaires et celles et ceux qui l'ont dirigée savent que l'actrice de 35 ans est une bosseuse, une acharnée. Elle se passionne pour les auteurs qu'elle joue (lecture exhaustive de leurs oeuvres) pour les sujets qu'elle est amenée à traiter au cinéma, au théâtre, et pour les autres, aussi. C'est une jeune femme d'une curiosité rare, une personne lumineuse qui a le don de vous transmettre une énergie incroyable! En buvant un thé, elle me conseille la lecture de sa poète préférée, Sylvia Plath, qui s'est suicidée en 1963. Elle aime particulièrement ses journaux, d'ailleurs. Isabelle Carré aimerait que l'assistante à la mise en scène, dont elle se sent proche, Valérie Nègre, adapte Sylvia Plath, pour elle. En ce moment, on lui propose une pièce peu connue de Gus Van Sant avec pour thème, la pédophilie. Elle va dire non, incapable de jouer des thèmes qui la mettent mal à l'aise. "Je ne pourrais pas non plus incarner une antisémite, par exemple..." En attendant, elle tourne "Clientes", de Balasko, avec Nathalie Baye et Eric Caravaca, puis, tournera, à nouveau avec Nathalie Baye, le nouveau films de Claire Simon. Quarante minutes plus tard, elle file. Un rendez vous l'attend. "Je vais au cinéma! Je suis complètement boulimique! Envie de films, de pièces, aussi !" dit-elle avec un sourire bouleversant de petite fille. La voilà déja dans la rue, téléphone collé à l'oreille, pour savoir si sa meilleure amie a pris les places, Irène Jacob...

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